
Le projet shadPS4, émulateur PlayStation 4 open source initialement développé pour PC, devient désormais disponible sur Android via des builds expérimentaux qui ont tout juste commencé à circuler. La nouvelle a été mise en avant par une vidéo du créateur brésilien TRC GAMES, qui montre Bloodborne et Sekiro : Shadows Die Twice charger jusqu'à leurs écrans de démarrage sur un appareil mobile.
Il convient d'emblée de tempérer toute forme d'enthousiasme. Certes, les jeux atteignent les menus et les écrans de création de personnage, mais figent ou plantent avant d'afficher du rendu 3D en jeu. Certes, l'exploit technique est réel (faire tourner le code de titres PS4 sur architecture ARM64 relève d'un travail assez fou), mais la distance entre "se lance jusqu'aux menus" et "jouer à 30 images par seconde de façon stable" se compte en mois ou en années de développement supplémentaire.
Pas demain la veille non plus
Notez d'ailleurs que les prérequis matériels sont plutôt élevés : une puce Snapdragon 8 Gen 1 et 8 Go de RAM constituent le minimum recommandé, avec une dépendance au compilateur JIT, au support Vulkan 1.3 et aux drivers Turnip. Un utilisateur a néanmoins tenté l'expérience sur un appareil doté d'une puce MediaTek Helio G99 accompagnée de 4 Go de RAM (soit une configuration bien en deçà des préconisations), obtenant un résultat surprenant : l'émulateur n'a pas planté immédiatement, produisant même de l'audio sans rendu vidéo, faute de support driver adapté au GPU Mali.
Le chemin reste encore long. Originellement, shadPS4 est certes un projet PC qui gagne déjà en maturité rapidement (avec l'ajout récent du multijoueur local et du mode Big Picture sous Windows et Linux). En parallèle, la compatibilité ARM64 est le fruit d'un effort collaboratif de contributeurs open source maîtrisant les profondeurs de l'architecture mobile. Ce faisant, l'interface Android de la version expérimentale est déjà fonctionnelle, avec gestion des répertoires de jeux, fichiers PKG, overlays CPU/GPU et génération de frames. Néanmoins, il serait prématuré d'y voir une révolution immédiate. Mais que Bloodborne (un titre longtemps resté dans les limbes de la disponibilité numérique, Sony n'ayant à ce jour publié aucune version PC du jeu) puisse un jour tourner sur un smartphone est une folie en soi, une perspective que seule l'émulation a pu rendre concrète.
FromSoftware