
Après NetEase, Tencent veut désormais se retirer de plusieurs studios
Des studios japonais vont perdre leur actionnaire chinois
Nouveau symbole fort de la frilosité actuelle des investisseurs qui étaient encore en roue libre il y a quelques années, Bloomberg rapporte que le géant chinois Tencent est en train de négocier son retrait de plusieurs studios de jeux vidéo dans lesquels il avait pris une participation minoritaire.
Pour rappel, en marge de ses acquisitions majoritaires ou intégrales (Riot Games, Supercell, Sumo, Funcom, Techland, Grinding Gear Games), Tencent s'est distingué depuis quelques années par des prises de participation dans un nombre incalculable d'éditeurs et de studios à travers le monde, parmi lesquels Epic Games, Ubisoft, Larian, Krafton, FromSoftware, PlatinumGames, Remedy, Don't Nod, Marvelous ou encore Paradox Interactive. Pour Tencent, qui revendique le plus gros chiffre d'affaires de toute l'industrie du jeu vidéo, ces investissements représentent un bonus par rapport à ses principales sources de revenus du moment que sont Honor of Kings, League of Legends, PUBG Mobile, Delta Force, Valorant Mobile ou encore Wuthering Waves.
Aujourd'hui, Bloomberg explique que Tencent a décidé de faire le ménage dans son portefeuille de participations. « Tencent négocie actuellement son retrait de plusieurs investissements dans des studios de jeux vidéo au Japon, dans le cadre d'une réévaluation du portefeuille mondial de l'entreprise », peut-on lire. Selon les sources de Bloomberg, la société serait en train d'évaluer ses participations minoritaires dans de nombreux studios et s'apprête, dans certains cas, à revendre ses parts aux dirigeants de ces studios, quitte à enregistrer une perte.
Marvelous ne séduit plus Tencent
Après avoir multiplié les investissements, notamment pendant les années COVID-19, Tencent jette donc un regard plus critique et cherche à savoir si les synergies initialement envisagées ont tenu leurs promesses ou non. Parmi les entreprises dont Tencent souhaite se retirer, Bloomberg cite Marvelous, l'éditeur japonais de Story of Seasons et Rune Factory. Tencent détient 20 % du capital de la société, mais celle-ci se trouve désormais sur la sellette aux côtés d'autres acteurs de l'archipel, que Tencent considère comme sous-performants.
Les sources de Bloomberg notent en revanche que FromSoftware et PlatinumGames ne sont pas concernées par cette réévaluation du portefeuille. Contacté, Tencent s'est contenté de répondre que son intention est de garder une forte présence sur le marché japonais, sans confirmer ni démentir les informations de Bloomberg. « Les jeux vidéo sont au cœur des activités de Tencent. Nous restons pleinement engagés à travailler avec les entreprises dans lesquelles nous investissons et à maintenir notre forte présence sur le marché japonais du jeu vidéo à long terme. »
Tencent chercherait désormais à développer des relations de travail plus étroites avec les studios dans lesquels il investit, par exemple en coproduisant des jeux, au lieu de se cantonner à un rôle d'investisseur passif. Par ailleurs, la nouvelle marotte de Tencent se trouverait dans les titres basés sur le contenu généré par les utilisateurs, comme Minecraft et Roblox. Dans tous les cas, le ménage de Tencent s'inscrit dans la lignée de celui de NetEase, qui s'est retiré de nombreux studios étrangers quelques années après les avoir fondés ou acquis, quitte à laisser sur le carreau un vétéran comme Toshihiro Nagoshi. Et comme il ne s'agit pas de réduire ce phénomène à l'Asie, rappelons qu'un autre géant, Microsoft, se prépare actuellement à fermer ou céder un certain nombre de studios.