
La place des femmes dans l'industrie du jeu vidéo ne s'améliore pas, elle empire
Fais pas genre
Comme chaque année, il est temps pour l’association Women in Games France de faire le bilan de la situation des femmes dans l’industrie du jeu vidéo. Et si depuis quelques années maintenant on peut au moins se dire qu'il y a une (petite) progression, la tendance semble hélas s'inverser.
Bonne nouvelle ! Le jeu vidéo élargit encore et toujours plus son public, si bien que le nombre de joueuses continue d'augmenter. En France, elles sont ainsi 19,5 millions à jouer. Maintenant, passons à la mauvaise nouvelle également relevée par l’infographie de l'association Women in Games sur la place des femmes dans l'industrie en France.
Le problème n'est plus l'absence des femmes dans le jeu vidéo. Elles sont présentes dans les publics, les communautés et les usages. Le problème est que leur progression s'arrête dès que l'on arrive aux lieux de fabrication, de décision et de reconnaissance
Un pas en avant, deux pas en arrière
Au sein des studios français qui créent ces mêmes jeux, les femmes ne représentent que 20% des effectifs en 2024. Non seulement cela est vraiment peu, mais, pire encore, cela fait moins que l'année précédente durant laquelle ce pourcentage était un poil plus important (24%). L'écart est mince, certes, mais marque tout de même une régression qu’on ne peut que déplorer. Qu'elle soit due à un marché devenu moins attrayant pour les femmes, à des licenciements qui les auraient touché tout particulièreme, à un manque de diversité dans les nouveaux recrutements ou que sais-je, le constat reste le même : loin de s'améliorer significativement, la place des femmes dans notre chère industrie stagne donc, voire même empire. Et c'est également le cas si on décortique un peu plus ces chiffres. Les quelques femmes travaillant dans ce milieu sont en effet souvent cantonnés à des postes côté communication, marketing et administration. Et si on se penche sur les emplois de direction, seulement 14,2% sont tenus par des femmes. Et pour ne rien arranger, les action menées pour assurer l’égalité femme/homme dans les studios français sont de moins en moins nombreuses. En 2022, 65,5% d'entre-eux déclaraient avoir réalisé de telles actions. En 2024, ce pourcentage chutait à 47,6%.
Forcément, le manque de variété dans les postes de décisions et créatifs ne permet pas de faire avancer les choses rapidement en jeu. Ainsi, si on enregistre une nette progression de la présence et de l’importance des personnages féminins à l’écran, ceux masculins sont toujours environ deux fois plus bavards qu’elles. Qui plus est, 1 jaquette sur 5 uniquement affiche au moins un personnage féminin. Et avec la régression précédemment mentionnée, il n’est malheureusement pas impossible que cette représentation déjà peu diverse le soit encore moins. Elle est pas belle notre industrie ?