
Ultima : Richard Garriott veut arracher les droits de son jeu des mains d'EA grâce à une faille juridique
Lord British est de retour
Richard Garriott, le créateur de la mythique saga de jeux de rôle Ultima, a annoncé son intention de récupérer les droits d'auteur de sa franchise phare actuellement détenus par Electronic Arts. Pour mener à bien ce hold-up juridique dès l'année prochaine, le célèbre "Lord British" s'appuie sur une disposition technique spécifique du droit d'auteur américain votée il y a cinquante ans.
C'est le feuilleton juridique surprise de cet été 2026, venu tout droit de l'âge d'or du CRPG. Alors que de récents dépôts de marques de la part d'Electronic Arts laissaient présager un retour de la licence ou une consolidation défensive de leurs arrières, le légendaire Richard Garriott est sorti du bois pour y mettre son grain de sel. Interrogé sur ces mouvements par le média Inside Games, le développeur a confessé avoir passé des décennies à tenter de négocier en vain un retour de la série avec l'éditeur américain : « Tous les dix ans environ, j'ai essayé de travailler avec EA sur un revival d'Ultima. Ils semblaient toujours assez intéressés pour entamer des discussions, puis les abandonnaient tout aussi vite. » L'heure n'est désormais plus à la diplomatie, mais à l'offensive légale pure et simple pour ranimer l'un des plus grands piliers de l'histoire du jeu sur PC.
Don't Mess with Lord British
Pour faire plier le géant américain, Garriott compte utiliser l'article 203 du Copyright Act de 1976, un texte de loi qui fête précisément ses 50 ans en cette année 2026. Cette clause stipule que tout auteur original (ou ses héritiers) dispose du droit inaliénable de réclamer la restitution de ses droits d'auteur après une période stricte de 35 ans révolus. Ayant vendu son studio Origin Systems et la licence Ultima à Electronic Arts en 1992, le créateur se trouve mathématiquement aux portes de l'échéance légale : dès 2027, le couperet tombera et EA n'aura légalement plus son mot à dire sur la propriété intellectuelle des œuvres originales.
Il y a toutefois un astérisque de taille dans ce plan d'attaque. Si Garriott peut légitimement remettre la main sur le copyright (le code source, les mécaniques et les éléments audiovisuels des premiers jeux), Electronic Arts conservera jalousement la marque déposée (trademark), à savoir le nom brut "Ultima". Pour contourner l'obstacle, Lord British a déjà annoncé la couleur : son futur projet s'articulera autour de l'appellation "Lord British's Ultima", combinant son pseudonyme historique et les droits d'auteur récupérés.
Si l'annonce a de quoi faire frissonner les rôlistes nostalgiques, la communauté accueille évidemment la nouvelle avec prudence. Il faut dire que la dernière incartade de Garriott dans le genre, le très poussif Shroud of the Avatar, a laissé un goût amer de fiasco aux donateurs. Reste que le marché du CRPG traditionnel n'a jamais été aussi florissant, porté par les triomphes monstres de Larian Studios (Baldur's Gate 3) et d'Owlcat, ce qui prouve que le public est toujours avide de jets de dés et de feuilles de stats. Le créateur prévoit de préciser ses plans lors de la prochaine convention Dragon Con, où il espère poser les bases concrètes de ce qui s'annonce déjà comme l'un des feuilletons les plus psychodramatiques de 2027.
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