Mémoire cash - Eternal Darkness : Sanity's Requiem, l’excellent jeu d’horreur à la suite maudite

Mémoire cash - Eternal Darkness : Sanity's Requiem, l’excellent jeu d’horreur à la suite maudite

Eternal Darkness : Sanity's Requiem, l’excellent jeu d’horreur à la suite maudite

C'est fou !

Il y a 24 ans sortait pour la première fois Eternal Darkness : Sanity’s Requiem, jeu d’horreur sur GameCube qui a su marquer toute une génération. Critiques élogieuses, prix remportés… Tout était au vert pour lancer le chantier d’une suite. Mais contrairement à son grand frère, elle n’a pas su résister aux ténèbres.

Si le nom de feu Silicon Knights vous dit quelque chose, c’est peut-être pour Blood Omen: Legacy of Kain. Après une poignée d’années d’existence, c’est en effet avec ce jeu d’action-aventure que le studio va se forger une renommée. Assez pour intéresser Nintendo qui va approcher Silicon Knights dans l’optique de développer des jeux plus matures pour ses consoles. Quitte à rompre avec l’image familiale de Nintendo, le studio mise alors sur un jeu d’horreur encore plus sombre que son précédent jeu. C’est ce qui va donner Eternal Darkness: Sanity's Requiem, un titre qui sera plébiscité par la critique et reste, dans l’esprit de beaucoup, un jeu marquant notamment grâce à son ambiance et son récit, sans compter son principe de Sanity Meter qui venait ajouter un peu de folie horrifique à l’expérience. Mais alors que ce jeu qui aurait mérité un plus grand succès commercial fête son vingt-quatrième anniversaire aujourd’hui, on avait envie de revenir sur celle qui aurait pu faire entrer la licence dans la légende mais l’a finalement plongé dans les oubliettes : sa suite.

Que l'ombre d'une suite

Dès 2006, soit deux ans après la sortie d’Eternal Darkness: Sanity's Requiem, son directeur, Denis Dyack annonce vouloir développer une suite. Mais au fil des années, si les rumeurs se multiplient, rien n’est jamais totalement confirmé. Il faudra attendre 2012 pour que le studio reconnaisse ouvertement qu’il travaille sur une suite de son jeu d’horreur, ou plutôt qu’il travaillait. Car en 2012, Silicon Knights vient de perdre un procès contre Epic Games qui le rapproche d’un état pouvant être qualifié de mort cérébrale. Les images des projets dévoilées en 2012 font alors presque office de post-mortem avant l’heure de tous les projets qui ne verront finalement jamais le jour sous la bannière du studio, comme Too Human: Rise of the Giants, Too Human 3, un survival horror du nom de The Box, un projet datant de 1996, Shifter, et donc, Eternal Darkness 2. Deux ans plus tard, Silicon Knights se déclare en faillite sans avoir sorti un seul de ces projets.

Pour notre suite d’Eternal Darkness, c’est un premier échec… Mais ce n’est pas la fin. Car Denis Dyack y tient à son projet. Dès 2013, le bonhomme a cherché à rebondir en fondant un nouveau studio, Precursor Games. Suivi par tout un tas de développeurs de Silicon Knights, il va alors proposer au public de se lancer dans le développement d’un successeur spirituel d’Eternal Darkness, Shadow of the Eternals. Mais pour y parvenir, il fait appel à la générosité des joueurs avec un financement participatif… ou plutôt deux… au cours du même mois. Sur le papier, ça sent déjà le roussi. Mais figurez-vous que face à l’échec des deux premières, une troisième campagne va être lancée, tout en remboursant les participants des précédentes. De quoi rendre confus les joueurs et l’industrie. Mais les difficultés de Shadow of the Eternals ne vont pas se limiter à cela.

En juin 2013, le projet perd son co-concepteur, arrêté et condamné pour détention de pornographie infantile. Résultat, Shadow of the Eternals va avoir le droit à une refonte totale. Initialement pensé comme un titre avec 12 épisodes de 2 heures environ, il revoit ses ambitions à la baisse et se transforme en une expérience unique d’une dizaine d’heures seulement. Et pour officialiser ce changement, nouvelle campagne en août ! Forcément, le projet ne tarde alors pas à se faire railler dans les média. Surtout que, faute de financement, il est mis sur pause pour une durée indéterminée en septembre 2013, soit quelques mois seulement après le lancement du projet. Malgré tout, le studio se veut confiant : Shadow of the Eternals n’est pas annulé et il assure même qu’il est soutenu par Nintendo, qui détient toujours les droits d’Eternal Darkness. Mais n’était-ce pas là de la naïveté ? En tout cas, qu'il l'est venu venir ou non, Precursor Games disparaît de la circulation peu de temps après.

Mais vous êtes fou ?!

Malgré tout, Dyack ne veut alors pas écouter les signaux qui laissent entendre qu’une suite spirituelle d’Eternal Darkness n’est peut-être pas une si bonne idée. En 2014, il fonde un nouveau studio, Quantum Entanglement Entertainment. Et son premier projet est, je vous le donne en mille, Shadow of the Eternals. Le bonhomme y croit tellement qu’il parle même d’une adaptation en film… Mais pour cela, encore faut-il arriver au bout du projet vidéoludique initial, non ? Et bien, vous vous en doutez, il n’aboutira jamais. Après quelques années de vie très discrètes, QEE va à son tour fermer ses portes en 2018. Le studio va alors revivre sous le nom très à propos d’Apocalypse Studios. Mais le projet Shadow of the Eternals, lui, est enfin enterré.

Apocalypse Studios va tout de même miser sur un projet avec des “influences lovecraftiennes d' Eternal Darkness”, mais il s’agit d’un RPG et non d’un jeu d’horreur à proprement parler, nommé Deadhaus Sonata. Et figurez-vous que ce dernier a bel et bien vu le jour, le mois dernier, dans une quasi indifférence… Pour ce qui est de Shadow of the Eternals, nous ne sommes pas à l’abri que Dyack revienne un jour à la charge et rencontre les mêmes déboires. Pourtant, Eternal Darkness avait les qualités requises pour devenir une licence d’horreur prolifique et de référence. Mais finalement, est-ce que la malédiction de son petit frère n’a pas permis de renforcer un peu plus son aura et sa légende ?

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