
À Quantic Dream, la grève pour sauver Star Wars Eclipse
Un climat social toujours plus tendu
Chez Quantic Dream, l'heure est grave, et donc, à la grève : après l'échec du jeu multijoueur Spellcasters Chronicles, la direction envisagerait aujourd'hui de limoger toute l'équipe, soit 115 personnes, alors que son arlésienne Star Wars Eclipse se meurt faute de moyens, de vision et d'avancement. Pour lutter contre ces licenciements, le syndicat STJV a appelé à la mobilisation nationale et dressé ce matin un piquet de grève devant le siège parisien de Quantic Dream. Et pour cause : c'est aujourd'hui que la délégation de Lucasfilm doit vérifier l'avancement de Star Wars Eclipse. Malaise. Cette super-production française pourrait bien capoter et entraîner toute l'entreprise vers les abysses, d'après les employés mobilisés. Nous nous sommes rendus sur le piquet de grève pour recueillir les témoignages.
À l'ombre d'un îlot de verdure, à quelques minutes de la porte des Lilas, une simple table en plastique se dresse, recouverte de bouteilles et de nourriture pour les grévistes qui ont bravé la chaleur matinale - et songent déjà au cagnard qui les attend au retour - pour être présents devant le siège de Quantic Dream. Ce petit attroupement ne reflète pas la véritable ampleur de la mobilisation. Entre les grévistes qui attendent les prises de parole dans les locaux climatisés, celles et ceux qui vivent jusqu'à deux heures de distance et s'épargnent la surchauffe dans les transports, ou encore les camarades d'autres studios qui suivent le mouvement à l'échelle nationale, les profils des absents sont aussi divers que ceux des personnes qui ont pu venir. Avec 115 emplois menacés par le PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) à Quantic Dream, cette journée de mobilisation a deux objectifs : limiter la casse et préserver un maximum d'emplois suite à la mort rapide de Spellcasters Chronicles, pour, ensuite, essayer de sauver le projet Star Wars Eclipse avec ceux qui restent.
Star Wars, vers l'in-fini et peut-être pas au-delà
Véritable arlésienne du jeu vidéo, Star Wars Eclipse a été dévoilé en grande pompe aux Game Awards 2021 avec une sublime cinématique. À l'époque, Quantic Dream jouit encore d'une magnifique réputation grâce au succès de Detroit : Become Human et à l'aura de son PDG David Cage, considéré comme un maître du jeu narratif grand public suite à Heavy Rain. Alors oui, il y a eu les affaires de harcèlement en 2018 et les interminables procès qui ont suivi ; pour autant, l'excitation est palpable chez les joueurs comme dans l'industrie, et d'ailleurs, le géant chinois NetEase, déjà actionnaire minoritaire depuis 2019, rachète Quantic Dream en 2022. Depuis, le projet piétine. Il ne se montre plus. Tout juste entend-on qu'une plume s'envole ailleurs ou que l'ambition du gameplay ralentit la production.
Dans le même temps, Quantic Dream a investi 8 ans de travail dans Spellcasters Chronicles, MOBA en trois dimensions où les joueurs incarnent des mages dont la responsabilité est d'invoquer des créatures et utiliser des sortilèges de manière stratégique pour vaincre l'adversaire. Enfin, toute cette phrase devrait être écrite au passé. Sorti le 26 février 2026, Spellcasters Chronicles a finalement jeté l'éponge le 20 mai, débouchant immédiatement sur un plan de restructuration qui menace aujourd'hui 115 emplois, soit un quart des effectifs du studio parisien. C'est tout simplement le plus gros plan de licenciements dans un studio français depuis la fermeture de Blizzard France en 2019.
Dans ce contexte tendu, sauver (au moins une partie) des 115 salarié(e)s de Spellcasters Chronicles serait nécessaire pour espérer mener Star Wars Eclipse à bien. « C’est loin d’être un acte de sabotage. Au contraire, nous essayons de sauver Star Wars Eclipse », avance Jules, game builder sur l'arlésienne. « Nous pourrions arriver à le sortir avec 115 personnes en renfort, et ce ne serait pas être "sur-staffé" : c’est le nécessaire. Nous sommes en sous-nombre, comme dans plein d’autres entreprises du secteur, parce que les patrons savent très bien que la passion va amener les gens à cruncher et que les jeux finissent par sortir. Mais c’est impossible de mener une industrie pérenne ainsi. » D'ailleurs, Quantic Dream aurait lancé les heures supplémentaires sur Star Wars Eclipse peu après l'annonce du plan de licenciements.
Un passage en Force qui inquiète
C'est loin d'être un secret : si Quantic Dream communique aussi peu autour de Star Wars Eclipse, c'est que le projet est à la dérive après de multiples retards. Pour les employés mobilisés, cette désorganisation vient d'abord de la gestion de l'entreprise. « Voilà l’ambiance : solidarité parmi ceux qui essaient de faire avancer le projet, malgré les obstacles qui viennent de la direction, et aussi de causes externes. [...] Ici, c’est la culture de la verticalité. Toutes les décisions sont prises au sommet. Tu n’as pas ton mot à dire. Ça se caractérise ensuite par du travail poubelle, pour tout le monde, et très souvent. Soit parce que la direction ne prend pas le temps de regarder et qu’elle t’annonce, après un mois, que tes rendus ne correspondent pas à ses idées alors qu’elle ne t’a jamais rien demandé, ou alors parce qu’elle a changé d’avis (même si elle va prétendre le contraire), », explique Jules.
Pour Jules, c'est un cas d'école « d'injonction contradictoire », ce principe sociologique dont le nom est assez limpide : « d’une voix, on t’explique que tu es plus qu’un simple exécutant et que tu as de la marge pour prendre des décisions, mais de l’autre, on te signifie que tu n’es bien qu’un exécutant puisque chaque décision qui va contre la direction va être retoquée. C’est extrêmement dur à vivre au quotidien puisque tu ne sais jamais où te placer. Tu travailles pour rien. C’est humiliant. » Et « cela amène à l’épuisement professionnel », abonde Jordan, son collègue. Directement concernés par le PSE de Quantic Dream, Jordan et son collègue Théo sont tous les deux dans l'équipe de Spellcasters Chronicles. Enfin, ce qu'il en reste. « Pour donner un exemple, dans notre équipe, il y a beaucoup de gens qui viennent seulement une fois par semaine, et c’est pour voir les collègues, parce qu’il n’y a plus de travail concret à faire », explique Théo.
Aujourd'hui, la délégation de Lucasfilms devait venir aux locaux de Quantic Dream pour voir l'avancement de Star Wars Eclipse. Pour les salarié(e)s mobilisé(e)s, c'est le jour idéal pour envoyer un signal fort. « Nous, nous considérons qu’en l’état, le jeu ne pourra littéralement pas être fini si le PSE tel qu’il est prévu est exécuté », rappelle Théo. « Nous avons absolument besoin des 115 personnes qui sont inactives (ou presque) depuis déjà un mois. C’est déjà un mois de perdu en production ! Pendant ce mois, les employés auraient pu être formés aux outils spécifiques de Star Wars Eclipse. Nous voulons aussi alerter la direction, de manière forte, et leur dire de regarder tous ces gens qui ne demandent qu’à travailler, mais qui ne le font pas, le jour d’une visite officielle. »
NetEase Games, la menace fantôme ?
Dans ce conflit, le silence de NetEase interroge. Véritable géant chinois, la société basée à Hangzhou est l'actuel propriétaire de Quantic Dream à travers sa branche NetEase Games (Marvel Rivals). Après la pandémie du COVID-19, NetEase Games s'est jeté à corps perdu dans le rachat et l'ouverture de studios à l'international, comme (presque) tous ses concurrents, investissant sans compter avant de se rétracter depuis 2025, fermant ou revendant des studios à tour de bras et limogeant plusieurs centaines de personnes. Dernière victime en date : l'ambitieux simulateur de yakuzas Gang of Dragon, dont le studio vient ostensiblement de fermer, faute de repreneur. « [Le PDG William Ding] considère que tout jeu incapable de générer des centaines de millions de dollars par an ne mérite pas d’être développé », a affirmé le journal Bloomberg d'après ses sources dans une enquête en 2025.
Pourtant, bien que le modèle stratégique de Quantic Dream soit complètement opposé aux exigences usuelles de NetEase Games, le studio français est jusqu'ici passé entre les gouttes. De l'aveu des salariés, la position du géant chinois face à la situation interne est simplement inconnue. « Nous avons déjà signifié que nous voulons discuter avec NetEase et la direction de Quantic Dream nous en empêche. Nous avons explicitement demandé qu’ils soient à la table des négociations puisqu’on nous y dit souvent : « ah non, cette décision dépend de NetEase, ça, c’est le budget de NetEase… » bien, d’accord, alors faites venir NetEase ! Mais ils refusent catégoriquement », explique Théo.
En fait, d'après Jules, les injonctions contradictoires s'étendent à la communication interne autour de NetEase Games : « Quand nos patrons ont besoin de se défausser, ils avancent que c’est NetEase qui décide et que c’est hors de leur contrôle, mais à d’autres moments, on t’explique que NetEase se contente d’avancer l’argent et que Quantic Dream a toute sa liberté ! » nous explique-t-il. Alors qu'en réalité, ceux qui tiennent les cordons de la bourse peuvent glisser la corde au cou quand ils le désirent, puisque, selon les employés, ce serait l'éditeur qui aurait acté la fin de Spellcasters Chronicles sans tenir compte des envies de la direction de Quantic Dream, qui voulait continuer le développement.
« Je pense que la direction ne nous transmet pas toutes les demandes de NetEase, et je pense qu’ils sont gênés par certaines décisions qui ont été imposées en plus de l’arrêt de Spellcasters Chronicles, mais qu’ils ne nous ont pas révélées, et qui amélioreraient peut-être les choses sur Star Wars Eclipse. Mais la direction refuse, parce que cela induirait de cutter du contenu… », théorise Théo.
À défaut du front populaire, un front commun
Autour de la table en plastique, il y a de plus en plus de salariés et de soutiens qui s'agglutinent, profitant de la verdure et de l'ombre prodiguée pour respirer un peu. Ce matin, il n'y avait pas que des salarié(e)s de Quantic Dream : venus d'Amplitude, Gameloft, Ubisoft ou Don't Nod, divers représentants syndicaux sont venus témoigner de leur soutien aux employé(e)s face à la politique interne de David Cage et de son cercle proche. Il y a aussi d'autres confrères de la presse, comme l'AFP, ou Gautoz d'Origami, par exemple. À 10h45, les prises de parole démarrent, s'enchaînent et se ressemblent, comme le remarque le délégué syndical d'Amplitude avec un mélange d'humour et d'amertume. Depuis le début des mobilisations, les doléances vis-à-vis des patrons sont toujours les mêmes. « Faites-les chier ! » résume-t-il sobrement. Au moins, c'est clair.
Bien sûr, la mobilisation nationale ne s'arrête pas à l'aire d'ombrage d'une simple plante verte du 19ème arrondissement. Dans l'Hérault, à Montpellier, certains membres de l'équipe de Midgar Studio (Edge of Eternity) ont aussi dressé le piquet de grève devant leurs locaux. « Un tiers du studio a suivi ! » s'exclame un délégué entre deux interventions au micro, déclenchant une vague de cris enthousiastes. Une quinzaine de personnes seraient présentes entre employé(e)s et collègues montpelliérains. C'est que la situation de Midgar Studio est particulièrement ubuesque : juste après avoir présenté son action-RPG Edge of Memories durant la conférence Nacon Connect en mai dernier, l'éditeur Nacon a immédiatement annoncé vouloir se séparer du studio, ce qui, faute de repreneur aujourd'hui, emmène l'entreprise de 27 salariés vers un redressement judiciaire à l'issue incertaine.
Aujourd'hui, cette mobilisation n'est encore que le prologue du « Summer Grève Fest », programme de luttes qui s'étendra environ jusqu'à septembre. Pas de présentateur ni de Muppets, et encore moins de spots publicitaires à plusieurs centaines de milliers de dollars, mais une ligne directrice claire : arriver à mobiliser collègues, joueurs et politiques pour essayer de lutter contre l'effet domino qui dévore l'industrie et ses emplois. Est évoquée une mobilisation de grande ampleur sur le modèle de la grève générale du 13 février 2025.
Spiders et les fermetures de Nacon en toile de fond
Outre les représentants syndicaux d'autres studios français en activité, le piquet de grève mobilise aussi des néo-chômeurs, en particulier de chez Spiders (GreedFall, Steelrising). Pour Antoine, game designer et ex-représentant CSE, prolonger le combat sonne comme une évidence : « je m’engage d’autant plus au STJV pour soutenir les confrères, parce qu’autant la question de l’emploi ne se pose plus si l’industrie s’effondre, autant je veux retrouver du travail si elle rebondit. [...] Après, en pratique, je ne regarde même pas les offres d’emploi puisqu’elles n’existent pas, aujourd’hui. J’ai des impératifs qui m’obligent à rester sur Paris, et, en game design, j’ai dû voir deux ou trois offres depuis six mois. Hyper dur. Surtout avec l’été. »
Si le dossier Spiders mériterait un article à lui seul, le témoignage d'Antoine est particulièrement intéressant. En effet, Spiders était dirigé, depuis avril 2023, par Anne Devouassoux, qui était aussi la présidente du syndicat patronal SNJV depuis janvier 2023. Chez Spiders, la lutte s'est montrée difficile, avec une grève en septembre 2024, qui avait débouché sur une légère hausse des salaires, sans pour autant simplifier les relations jusqu'à la fermeture. « Je ne peux rien affirmer, mais nous avons vu que notre directrice était clairement absente parce qu’elle était plus occupée à agir au niveau national qu’à s’occuper de son entreprise, ce qui est un vrai problème. On pense que ça a pu jouer, notamment sur des pressions externes. Est-ce qu’on imagine la présidente du SNJV céder face à un syndicat ? On suppose que ça a joué dans la dureté de la lutte. Céder aurait nui à sa position politique extérieure », avance Antoine.
« Par exemple, avec le CSE, nous nous sommes battus pendant un an et demi pour que la direction nous présente les comptes de l’entreprise, ce qui est tout de même obligatoire, en principe ! Au matin du jour J (qui est totalement bloqué et dédié à ce sujet, qui est très long et compliqué), nous arrivons, et la RH nous annonce subitement qu'Anne Devouassoux sera absente les deux prochains jours sans raison donnée. Qu’est-ce que c’est que ce délire ? La réunion est prévue depuis trois mois ! Résultat, on regarde l’actualité et on voit alors que Devouassoux est dans la délégation d’Emmanuel Macron au Maroc… Elle n’a pas prévenu à l’avance. Elle n’a rien dit. On s’est retrouvés comme des cons à parler des finances de l’entreprise sans la patronne », se rappelle Antoine. Un exemple parmi d'autres, souligne-t-il.
Politique, jeu vidéo et zones d'ombres
Pourquoi avoir suivi Emmanuel Macron au Maroc ? À Spiders, ce n'est pas clair. Peut-être négocier l'ouverture d'écoles de jeu vidéo locales qui formeraient des développeurs marocains francophones aux salaires moins élevés pour délocaliser une partie de la production - hypothèse d'Antoine. En tout cas, Devouassoux n'est pas la seule patronne à graviter autour d'Emmanuel Macron, de près ou de loin. En janvier 2025, le journal Les Échos a révélé qu'Yves Guillemot, PDG du géant Ubisoft, avait accompagné le président français en Arabie Saoudite pour négocier le financement d'une extension d'Assassin's Creed Mirage.
À l'opposé du patronat et, par extension, du camp présidentiel, le STJV désire lutter contre le gâchis de subventions publiques qui sont ingurgitées par les studios sans le moindre contrôle. Au cœur du débat depuis longtemps, le Crédit d'Impôt Jeu Vidéo (CIJV) est une importante manne financière pour les entreprises de toute taille, mais qui est trop souvent détournée, selon les syndicalistes. « Malgré les importantes sommes versées, il n’existe pas de réel contrôle sur cette subvention, son utilisation et le respect de ses critères par les entreprises. Et le patronat ne veut pas qu’il y en ai : selon Anne Devouassoux, "il ne faut pas contraindre les entreprises" », écrivait le STJV en avril 2025. Aujourd'hui, les représentants syndicaux accusent Anne Devouassoux de continuer d'aider son ex-employeur Nacon à manœuvrer pour essayer de récupérer 1,6 million de CIJV sur la carcasse de Spiders, studio pourtant fermé. Allez comprendre.
« Nos patrons sont très heureux de justifier nos salaires quand il s'agit d'obtenir le CIJV, mais quand il s'agit de payer les employé(e)s, il n'y a plus personne ! » tonne Pierre-Étienne Marx, représentant syndical STJV à Ubisoft Paris, dans son intervention au micro. Face à cette gabegie, qui représente « un pognon de dingue » pour reprendre les mots du chef de l'État dans un autre contexte, le STJV veut interpeller la classe politique, mais le succès est pour l'instant limité hors de La France insoumise et voisins, dont les député(e)s Ugo Bernalicis, Danielle Simonnet et Antoine Léaument. « Nous avons du mal à taper en dehors, notamment sur des partis que l’on pourrait imaginer intéressés, comme le PS, les Verts ou le PCF, avec qui nous avons des relations normales par ailleurs », décrit Antoine.
Un PSE illégal ?
Reste un problème à Quantic Dream, et pas des moindres : d'après le STJV, le PSE envisagé par la direction est tout simplement illégal pour la simple et bonne raison qu'il ciblerait spécifiquement l'équipe de Spellcasters Chronicles. Pour le comprendre, nous devons revenir au combat mené par les salarié(e)s de Don't Nod en 2024, alors que le studio français envisageait 70 licenciements. Dans une lettre de pré-information transmise par l'inspection du travail, nous pouvons lire que « l’administration [française] doit notamment vérifier que l’élaboration des catégories relève d’une logique de compétences professionnelles et non d’une logique basée sur d’autres considérations telles que l’organisation de l’entreprise, l’ancienneté des intéressés ou s’il apparaît qu’une ou plusieurs catégories ont été définies dans le but de permettre le licenciement de certains salariés pour un motif inhérent à leur personne ou en raison de leur affectation sur un emploi ou dans un service dont la suppression est recherchée » avant de valider le PSE.
Autrement dit, en langage courant, un PSE ne peut être utilisé pour supprimer une équipe, même si son dernier jeu n'a pas trouvé le succès commercial. « Ce que la direction de Quantic Dream voudrait, c’est accomplir le PSE sans toucher à l’équipe de Star Wars Eclipse pour ne virer que l’équipe de Spellcasters Chronicles » affirme Jordan. « Nous leur avons dit, de très nombreuses fois, que cibler un projet spécifique dans le cadre d’un PSE, c’était manifestement illégal et que la DREETS [directions régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités, ndlr] ne validerait jamais le plan comme tel », complète Théo. « Ils nous l’ont dit, ils ne veulent pas toucher à l’équipe de Star Wars Eclipse pour ne pas désorganiser le projet. Mais lancer le PSE a déjà désorganisé le projet en soi ! »
Désormais, les négociations doivent reprendre avec la direction de Quantic Dream. Selon l'intervention du délégué STJV de Don't Nod, deux directions sont possibles : s'acharner sur le PSE actuel, ce qui mènerait inéluctablement à un retoquage par la DREETS, puis à d'autres négociations et ainsi d'autres mois perdus à batailler ; ou bien signer un accord de majorité avec le STJV pour limiter la casse et repartir de l'avant. Avec moins de salarié(e)s, sans doute, mais au moins dans l'espoir de conclure le développement de Star Wars Eclipse et sauver l'entreprise d'une très douloureuse annulation, qui est aujourd'hui l'épée de Damoclès au-dessus des employé(e)s.
« David Cage n’arrête pas de répéter que Star Wars Eclipse est un projet particulièrement ambitieux. Alors qu’il nous donne les moyens de ses ambitions », conclut Théo.
Contactés par nos soins, Nacon (au sujet de Spiders) et Quantic Dream n'ont pas encore répondu à nos questions. Dès que nous aurons des réponses, nous les intégrerons à l'enquête, ce afin de respecter le principe du contradictoire.