
Sous la pression d'un actionnaire qui veut le déloger, le PDG de Kadokawa (FromSoftware) est réélu mais perd du soutien
Oasis a monté sa participation à 15 %
Oasis Management est en mission. Ce fonds d'investissement hongkongais, connu au Japon comme un des actionnaires activistes les plus influents, a augmenté sa participation dans Kadokawa à 15 % et milite plus que jamais pour la destitution du PDG Takeshi Natsuno, à qui certains reprochent le manque de rentabilité du groupe et son incapacité à tirer le meilleur de l'énorme succès d'Elden Ring, développé par son studio phare, FromSoftware.
Mercredi à 14 heures, l'assemblée générale des actionnaires de Kadokawa se tenait dans un climat particulier. Déterminé à faire sauter le PDG Takeshi Natsuno, Oasis Management est devenu le premier actionnaire de cette tentaculaire société japonaise présente dans l'édition de livres, la production de films et séries d'animation ou encore le jeu vidéo à travers des filiales comme FromSoftware, Spike Chunsoft et Acquire.
Oasis savonne la pente
Takeshi Natsuno, 61 ans, à la tête du groupe depuis 2021, est la cible de critiques en raison de la baisse de la rentabilité de sa société. Oasis Management, spécialiste de l'activisme actionnarial, c'est-à-dire le fait de faire campagne pour provoquer un changement de stratégie ou de gouvernance dans une entreprise, accuse le PDG d'être responsable d'une fuite des profits.
L'un de ses arguments concerne Elden Ring, l'immense succès aux 30 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Il est reproché à Kadokawa de ne pas avoir tiré avantage de ce succès commercial pour la bonne raison que FromSoftware n'est l'éditeur du jeu qu'au Japon. Dans le reste du monde, c'est Bandai Namco qui est en charge du jeu et qui a donc tiré l'essentiel des fruits du phénomène de FromSoftware (idem pour Armored Core VI Fires of Rubicon).
Kadokawa a enregistré une rentabilité financière de seulement 0,5 % l'an dernier, contre 8,2 % au début de l'ère Natsuno. En mai, le groupe a publié un bénéfice d'exploitation annuel inférieur à des prévisions pourtant déjà revues à la baisse. Dans le domaine de l'édition de livres, Kadokawa est accusé d'avoir détérioré ses résultats en ayant adopté une stratégie privilégiant la quantité à la qualité. En 2024, les investisseurs espéraient un changement majeur après l'ouverture de discussions avec Sony, mais le géant du divertissement s'est finalement contenté d'une participation de 10 %.
Oasis Management, qui est devenu le premier actionnaire de Kadokawa devant Sony et Tencent, n'est pas seul à juger que Kadokawa doit changer de présidence. D'autres actionnaires se sont ralliés à sa cause, comme le prouvent les résultats de la dernière assemblée générale qui a eu lieu mercredi. Alors qu'il avait recueilli 90 % des suffrages lors du vote annuel en 2025, Takeshi Natsuno a certes sauvé sa tête pour cette fois, mais en ne ralliant qu'un peu moins de 60 % des votes. Autant dire qu'Oasis Management va pouvoir continuer de faire pression sur le dirigeant jusqu'à obtenir, peut-être, satisfaction.