
Malgré ses déboires dans le domaine, Sony croit encore et toujours au jeu en live service
Flight of the Concord
Hideaki Nishino, président et CEO de Sony Interactive Entertainment, a réaffirmé dans un entretien accordé à Famitsu la conviction de la firme japonaise que les jeux live service "attirent les utilisateurs à l'échelle mondiale" et constituent un axe stratégique que Sony entend maintenir, tant via sa production first-party que par le soutien à des titres tiers.
"Le genre lui-même est relativement nouveau, et je pense que de nombreuses personnes essaient des choses variées, donc nous voulons également continuer à relever des défis dans ce contexte", a déclaré Nishino dans le cadre de cet entretien. Et sur le papier, la posture est compréhensible : le live service demeure l'un des modèles économiques les plus rentables de l'industrie quand il fonctionne, comme en témoigne la trajectoire de Helldivers 2, par exemple. Mais vous l'aurez compris : la partie importante de la phrase antérieure, c'est le "quand il fonctionne".
C'est bien quand ça marche (ça ne marche pas souvent)
Il ne sera un secret pour personne que Sony essuie de nombreux revers dans le domaine depuis quelques années. Pour rappel, en 2022, l'ancien PDG Jim Ryan avait annoncé l'intention de lancer plus de dix jeux live service avant mars 2026. Ce programme ambitieux s'est en grande partie évaporé. Le projet co-op de London Studio a été annulé et le studio fermé en 2024. Naughty Dog a enterré son jeu multijoueur standalone dans l'univers de The Last of Us en 2023. Un projet Twisted Metal live service chez Firesprite n'a pas survécu non plus. Des images d'un jeu Spider-Man coopératif annulé (Spider-Man: The Great Web) ont fuité sans que le titre ait jamais été officiellement annoncé. Et Concord, le hero shooter de Firewalk Studios, reste l'épisode le plus marquant de cette stratégie : retiré de la vente deux semaines après sa sortie en août 2024, il a entraîné dans sa chute la fermeture du studio et le départ de son directeur créatif Ryan Ellis. Et on passe encore d'autres projets oubliés comme Destruction All Stars.
Tout récemment, c'est Bungie qui a fait le frais de ce contexte particulièrement délicat : racheté en 2022 pour 3,6 milliards de dollars, le studio menace tout juste presque 300 employés de licenciement selon un avis WARN déposé dans l'État de Washington. Ainsi, le studio, déjà fragilisé par des vagues de suppressions de postes en 2023 et 2024, voit son avenir s'assombrir au fil des jours.
Alors c'est bien beau d'avoir une intention et de la déclamer auprès de journalistes, mais à quoi ressemble véritablement l'avenir live-service de Sony ? Pour l'exercice en cours, Sony mise sur Marvel Tōkon : Fighting Souls, histoire de redorer un bilan que Nishino reconnaît implicitement comme perfectible en évoquant la nécessité de "prendre des risques". En parallèle, Horizon Hunters Gathering a également été annoncé, mais on ne lui prédit pas un avenir radieux, à moins d'une surprise.Le président de SIE souligne par ailleurs que la stratégie ne se limite pas aux nouvelles sorties : Sony réfléchit également à ce qui peut être fait avec ses titres plus anciens "sur le moyen et long terme".