
Chez Microsoft, la fronde s'organise alors qu'un nouveau studio (Undead Labs) est menacé de fermeture
Et de quatre
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Alors que Microsoft se prépare à une nouvelle vague de suppressions de postes au sein de sa division Xbox dans un mois de juillet qui s'annonce tristement historique, des employés syndiqués affiliés à la Communications Workers of America (CWA) ont organisé un appel de presse pour dénoncer publiquement la gestion de Microsoft et réclamer des protections concrètes pour les travailleurs concernés.
Frank Arce, vice-président du district 9 de la CWA, a ouvert l'appel en confirmant que le syndicat (qui représente désormais plus de 3 500 employés chez Microsoft, syndiqués depuis 2022) s'attend bien à des licenciements imminents dans la division Xbox, selon un rapport de Dean Takahashi de GamesBeat. "Plusieurs rapports dans la presse indiquent que dans les jours à venir, Microsoft pourrait initier des licenciements dans l'ensemble de sa division Xbox, ces mêmes personnes qui construisent ses jeux les plus vendus. Nous sommes ici pour le dire clairement : ces travailleurs ne seront pas échangés comme des objets jetables" indique-t-il, inquiet.
Pour rappel, selon des informations relayées par Bloomberg, Microsoft préparerait des licenciements début juillet, juste après la clôture de l'exercice fiscal le 30 juin. Quatre studios sont identifiés comme particulièrement vulnérables, sauf si des acquéreurs sont trouvés : Double Fine Productions (environ 100 emplois), Compulsion Games (90 emplois), Ninja Theory (135 emplois) et un petit nouveau qui n'avait pas été mentionné jusqu'ici, à savoir Undead Labs, à qui l'on doit notamment le développement actuel de State of Decay 3 (110 emplois). Au total, près de 435 postes seraient directement menacés au total pour ces seuls quatre studios tandis que d'autres divisions, dont Blizzard et Bethesda, devraient également subir des coupes encore inconnues dans leur proportion.
Un climat d'insécurité permanent
Frank Arce a également souligné un paradoxe central dans l'argumentaire de Microsoft : la firme vient d'augmenter les prix de ses consoles Xbox jusqu'à 150 dollars, la troisième hausse depuis 2025, tout en invoquant des contraintes financières pour justifier les licenciements. "L'argent est là. La direction choisit simplement où il va et qui en paie le prix. Chaque entreprise fait face à de réels défis commerciaux. C'est un fait. Mais laissez-moi vous dire ceci : ce sont nos membres CWA qui réalisent les gains qui rendent Xbox valable" poursuit-il ainsi. Le syndicat réclame des garanties précises parmi lesquelles des indemnités de départ équitables ou un droit au reclassement interne pour les employés qualifiés. Arce a salué des avancées récentes obtenues par les équipes marketing de World of Warcraft en matière de protections contre les licenciements, y voyant la preuve que ces revendications sont réalisables.
En parallèle, divers employés syndiqués de Microsoft ont pris la parole pour témoigner de leur expérience. Ainsi, Morgan Goin, designer d'encounters senior chez ZeniMax Online, a connu deux licenciements précédents (chez Hangar 13 et Arkane Austin, ce dernier studio ayant été fermé par Microsoft en mai 2024 sans préavis) : "il y a un écart clair entre ce dont nous avons besoin, la façon dont Microsoft parle de nous publiquement, et la façon dont nous sommes traités dans l'ensemble de leurs studios". Mahreen Fatima, artiste environnementale senior chez Blizzard et ancienne de Halo Studios sur Halo Infinite, a pointé la contradiction entre le discours de Sharma sur la réduction des contractants au profit de l'embauche interne et la réalité des suppressions de postes. "Dans ce climat de licenciements, il n'y a vraiment aucune différence entre être contractant et être employé à temps plein, nous sommes tout aussi dispensables aux yeux de l'entreprise" indique-t-elle. Elle s'est par ailleurs interrogée sur le fait que Microsoft indique n'avoir plus d'argent, tout en investissant des milliards dans l'intelligence artificielle : "ils choisissent simplement de ne pas nous protéger". Enfin, Andrew Snell, testeur QA chez Activision Publishing depuis six ans sur la franchise Call of Duty, a évoqué l'ordre de retour au bureau imposé après l'acquisition d'Activision Blizzard, qui a provoqué le départ de nombreux employés qualifiés, suivi quelques semaines plus tard par une nouvelle annonce de licenciements.
Microsoft a répondu à ces revendications par un communiqué basique sans aucune forme d'engagement : "nous respectons le droit de nos collaborateurs à faire entendre leur voix. Nous avons un long historique de partenariat de bonne foi avec les organisations syndicales [...] Nous continuons de négocier de bonne foi avec la CWA pour parvenir à des accords à travers Xbox". Rendez-vous en juillet pour la "vraie" réponse du géant américain.