
Planescape Torment 2 avait été validé, mais Wizards of the Coast a refusé de financer la suite
Sigil, Beamdog et refus bancaire : kamoulox
C’est une nouvelle blessure ouverte pour les amoureux du C-RPG (ou du jeu de rôle au sens large) et des univers baroques. Le patron de Beamdog a révélé que la suite du mythique Planescape Torment avait reçu l'aval créatif de Wizards of the Coast, avant d'être définitivement enterrée par pure frilosité financière.
Enfonçons une porte ouverte : sortie en 1999, Planescape Torment est l'un des plus grands RPG de l'histoire. Un titre qui a malheureusement connu une trajectoire commerciale amère, avec seulement 400 000 ventes (selon les données de DnDBeyond), bien en deça des espérances de Wizards of the Coast. Malgré cela, une suite avait reçu le feu vert, avant que l'éditeur ne se rétracte.
Ça plane pas pour eux
Trent Oster, le boss de Beamdog (gardien du temple des classiques Black Isle et BioWare), a confessé avoir activement travaillé sur une suite directe baptisée Planescape: Unraveled, juste après avoir bouclé Baldur's Gate: Siege of Dragonspear (sorti en mars 2016). Accompagné au script par le légendaire David Gaider (Dragon Age), Oster avait soumis le projet aux têtes pensantes de Wizards of the Coast, Chris Perkins et Mike Mearls. L'accueil créatif fut dithyrambique, les équipes évoquant même à l'époque des passerelles avec un futur livre de règles officiel pour un jeu de rôle papier-crayon. Mais la lune de miel s'est brutalement arrêtée au moment de sortir le chéquier, WotC se fendant d'un cinglant : « Nous n'avons pas d'argent pour le développement externe actuellement ». Une rengaine bien connue chez l'éditeur, qui alterne de manière cyclique entre la centralisation ruineuse de ses projets internes et l'externalisation totale des risques chez des partenaires tiers.
Privé du soutien financier de l'ayant droit, Beamdog a tenté de faire le tour des éditeurs de la place pour mendier un budget de production, se heurtant alors à un mur de pragmatisme capitaliste. Aucun investisseur n'a souhaité injecter des millions de dollars pour valoriser une propriété intellectuelle appartenant à un concurrent direct, dont les résultats commerciaux avaient été jugés faiblards, et ce, malgré le statut culte de Torment. Fin 2016, exsangues et désabusés, Gaider et Oster enterraient définitivement Planescape : Unraveled. Un immense gâchis pour une licence qui reste aujourd'hui encore l'un des mètres-étalons absolus de l'écriture vidéoludique. Si les orphelins de Sigil ont pu se consoler un temps avec l'héritier spirituel Torment : Tides of Numenera, l'idée d'une suite perdue au multivers de Planescape restera à jamais l'un des plus grands fantasmes déchus de l'histoire du PC.