
Après des mois de galères, Godot interdit finalement les contributions générées par IA
Mens sana in corpore sano
La Godot Foundation a annoncé une révision de ses règles de contribution qui prohibera désormais le code généré par IA, les pull requests soumis par des agents autonomes, et les textes générés par IA dans les communications entre humains. Cette décision formalise enfin des mois de délibération, après que les bénévoles derrière le maintien du moteur open source avaient publiquement décrit en février la montée en puissance des contributions générées par IA comme "de plus en plus épuisante et démoralisante".
On rappelle rapidement ce qu'est une "pull request" : il s'agit d'une demande de modification de code dans le cadre d'un projet logiciel collaboratif comme l'est Godot. Autrement dit, c'est le coeur de l'intérêt de l'open source, sauf lorsqu'il est gangréné par l'IA, comme c'est le cas depuis plusieurs mois désormais. Ainsi, Godot, qui a permis l'existence de jeux jeux comme Slay the Spire 2 ou The Case of the Golden Idol, est l'un des moteurs open source les plus utilisés dans l'industrie indépendante et une alternative de plus en plus sérieuse à Unity. Ses contributions ont donc évolué de manière exponentielle ces dernières années, alors que des développeurs du monde entier soumettent de plus en plus de pull requests. Or l'IA est quelque peu venue gâcher la fête, avec des tonnes de requêtes peu pertinentes.
L'argument humain, plus fort que l'argument technique
Godot donc a décidé d'agir. La politique formalisée est donc la suivante : l'usage d'agents IA autonomes ou le "vibe coding" entraîne déjà un bannissement automatique du dépôt GitHub et continuera de le faire. L'assistance IA doit se limiter à des tâches "subalternes", et toute utilisation d'IA, même partielle, doit être déclarée dans la description de la pull request. Par ailleurs, les textes générés par IA dans les communications humaines sont prohibés (sauf une exception : les traductions automatiques restent acceptables à condition que le contenu original soit d'origine humaine). En parallèle, les nouveaux contributeurs (définis comme ceux ayant moins de trois pull requests fusionnées) devront obtenir une autorisation explicite des administrateurs avant de soumettre de nouvelles fonctionnalités. In fine, l'idée est de reconstruire la confiance progressivement, en commençant par des corrections de bugs et de la documentation.
Il faut dire que les arguments techniques contre le code généré par IA sont désormais bien documentés : ils produisent une qualité variable, manquent d'imputabilité, et les contributeurs ne comprennent pas suffisamment le code qu'ils soumettent pour le corriger en cas de problème. Ce que la Godot Foundation défend, c'est surtout le fait que les administrateurs bénévoles passent leurs week-ends à examiner des pull requests non pas uniquement pour faire avancer le code, mais parce qu'ils ont le sentiment de participer à faire vivre le projet en soutenant divers contributeurs. Or, si ces contributeurs sont en réalité des IA... Notez que cette décision n'est pas définitive : la Godot Foundation précise qu'elle réévaluera sa politique au fil de l'évolution des outils d'IA. En l'état néanmoins, c'est désormais un grand non.