GTA 6 : des employés de Rockstar dénoncent les inégalités salariales, l'opacité des bonus et la culture du crunch

GTA 6 : des employés de Rockstar dénoncent les inégalités salariales, l'opacité des bonus et la culture du crunch

GTA 6 : des employés de Rockstar dénoncent les inégalités salariales, l'opacité des bonus et la culture du crunch

Parce qu'il y a des gens derrière le jeu

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Plusieurs membres de la Rockstar Game Workers Union (nouvellement formée) ont détaillé leurs griefs envers l'entreprise dans un entretien accordé à Game Developer, dressant un tableau préoccupant des conditions de travail au sein du studio qui développe Grand Theft Auto 6. Ces employés, qui ont requis l'anonymat, pointent trois problèmes majeurs : l'opacité et l'arbitraire dans la distribution des bonus, un écart de rémunération entre genres qui se creuse au lieu de se résorber, et une normalisation du crunch intégrée directement dans les contrats de travail.

Commençons par le problème des bonus : chez Rockstar, une part considérable de la rémunération des employés prend la forme de bonus, dont les critères d'attribution sont décrits comme inconsistants et subjectifs. "Le raisonnement donné est souvent nébuleux, inconsistant entre les départements, parfois même inconsistant entre membres d'une même équipe, et repose parfois sur des critères complètement subjectifs ou formulés rétrospectivement", témoigne l'un des employés à ce propos. Ainsi, le caractère entièrement discrétionnaire de ces bonus crée selon les plaignants une dynamique de dépendance vis-à-vis de la hiérarchie directe. "Imaginez ce que vous ressentiriez si un cinquième de votre salaire pouvait être retenu sans aucune justification ou sur la base d'un seul facteur surprise" poursuit-il ensuite. Ce système, expliquent-ils, pousse les employés à se montrer "aussi malléables que possible aux caprices de leur supérieur" pour ne pas risquer de perdre une part significative de leur revenu annuel. Ambiance.

Ici on parle de crunch, et pas du chocolat

Voilà qui nous amène au deuxième point : celui de la culture du crunch. Voilà qui n'est certainement pas nouveau chez Rockstar (rappelez-vous 2018). Et pourtant, la pratique ne cesse pas ; ici, la question du crunch est abordée sous un angle juridique particulier au Royaume-Uni, où une partie significative des équipes de Rockstar est basée. La réglementation britannique sur le temps de travail plafonne le nombre d'heures supplémentaires qu'un employeur peut exiger. Les travailleurs peuvent volontairement s'exempter de cette protection, mais selon les témoignages, Rockstar intègrerait directement cette exemption dans les contrats d'embauche : les employés doivent activement demander à être ré-inclus dans la protection légale pour éviter d'être soumis au crunch. "Une partie du problème avec le crunch est qu'il n'existe pas de définition consensuelle, et maintenant il semble que l'entreprise considère qu'offrir une compensation spécifique et limitée comme incitation aux heures supplémentaires signifie que cela ne qualifie plus comme crunch", déplorent les syndicats. Si en plus vous avez peur d'aller à l'encontre de vos managers, lesquels tiennent en otage une partie de votre salaire sous la forme de bonus...

Vient enfin la question des inégalités salariales entre les genres. De ce point de vue, les témoignages se font d'autant plus accusateurs que selon ces derniers, des initiatives avaient été mises en place pour réduire l'écart de rémunération médiane entre hommes et femmes. Sauf que ces initiatives auraient depuis été abandonnées, alors que l'écart s'est en réalité élargi avec le temps. Les employés n'ont cependant pas précisé l'ampleur de cet écart ni les raisons invoquées par Rockstar pour mettre fin aux programmes correctifs.

Take-Two, maison mère de Rockstar, a répondu par voie de communiqué en vantant "des environnements de travail de classe mondiale" et une "rétention des employés bien au-dessus de la norme de l'industrie", un message que l'on traduira de la manière suivante : "si c'est nul chez nous, pourquoi ne partent-ils pas ?". La firme a également confirmé avoir reçu une demande de reconnaissance volontaire du syndicat et s'est engagée à organiser une réunion.

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