Mémoire cash - Bubble Bobble, Taito ou tard, il fallait bien qu'on en parle

Mémoire cash - Bubble Bobble, Taito ou tard, il fallait bien qu'on en parle

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Si vous cherchez un nouveau prétexte pour faire remarquer du haut de vos tempes grisonnantes que « tout ça ne nous rajeunit pas », sachez que Bubble Bobble fête ses 40 ans cette année. De rien.

Présente dans le monde de l'arcade depuis le début des années 70, la vénérable société Taito entre dans l'histoire avec la sortie, en 1978, de Space Invaders, titre emblématique du début de l'âge d'or du jeu d'arcade. Mais la seconde année la plus importante pour Taito est probablement 1986. C'est elle qui voit débarquer un titre dont le charme ne s'est toujours pas dissipé 40 ans plus tard. Fukio Mitsuji, le principal créateur de Bubble Bobble, n'est plus parmi nous pour raconter ses souvenirs de vétéran. Il est décédé en 2008, à l'âge de 48 ans. Mais l'indispensable travail d'archivage du site shmuplations.com nous permet de retrouver ses déclarations de 1988, nous éclairant notamment sur le rapport de rivalité qu'il entretenait avec Namco.

« Pour être tout à fait franc, les jeux de Taito à l'époque me semblaient plutôt bas de gamme et ringards, tant sur le plan des graphismes que du gameplay. Ils manquaient de style et de personnalité. Comparés aux productions de Namco, ils étaient carrément à la traîne. Je voulais faire bouger les choses et inverser la tendance chez Taito. Mon premier grand objectif était tout simplement de créer un jeu Taito qui n'ait rien à envier à Namco. »

Si Fukio Mitsuji se montrait sévère à l'égard de Taito, dont il faut bien reconnaître qu'elle était atteinte du syndrome de la quantité plutôt que de la qualité, Bubble Bobble doit tout de même une partie de son ADN à deux des productions de la maison, Chack'n Pop (1983) et The Fairyland Story (1985). Bubble Bobble, c'est une histoire de tableau, aurement dit des niveaux qui tiennent sur un seul écran et qui sont tout de même au nombre de 100.

Dans ma bulle

Dans la peau de Bub et Bob, deux garçons transformés en dragons, les joueurs doivent cracher non pas du feu mais des bulles pour capturer les ennemis et faire éclater lesdites bulles en les écrasant contre un mur ou en utilisant les crêtes de nos mignons petits lézards. En plus de nettoyer chaque niveau de ses menaces, l'enjeu est de faire exploser le plus grand nombre de bulles à la fois pour faire péter le score, qui repose sur la collecte de nombreux fruits et friandises laissés par les ennemis vaincus. Le jeu comprend d'ailleurs une dimension compétitive sympathique pour la course au meilleur score entre les deux partenaires.

Une fois les ennemis capturés dans leur bulle, celle-ci se met à monter lentement, et trop tarder à la faire éclater implique de voir la proie s'en échapper. Naturellement, les ennemis se montrent progressivement de plus en plus dangereux et se mettent à cracher des projectiles. En plus, comme dans bien d'autres titres de l'époque, le moindre contact est fatal au joueur. Et alors que l'architecture des tableaux se complique, Bub et Bob doivent commencer à utiliser leurs bulles comme des plateformes, car les bulles n'éclatent pas lorsqu'on saute dessus.

À ceci s'ajoute un certain nombre de bonus, comme les bulles d'eau, de foudre et de feu. Les bulles d'eau génèrent un torrent emportant tout sur son passage, les bulles de foudre projettent des éclairs horizontalement et les bulles de feu génèrent un parterre de flammes. On pourrait aussi parler des chaussures qui permettent d'aller deux fois plus vite ou bien des bulles dont les lettres permettent de former le mot « EXTEND » pour gagner une vie supplémentaire et passer immédiatement au niveau suivant. C'est loin d'être le seul petit secret de ce titre étonnamment riche en la matière.

Master System Master Race

Malgré un concept en apparence simple et accessible, Bubble Bobble n'a rien d'une promenade de santé. Pour un jeu d'arcade de 1986, la création de Taito fait même preuve d'une générosité assez folle. D'ailleurs, soyons honnêtes, la plupart des gens ont sans doute vu la fin du jeu pour la première fois grâce à des chaînes YouTube comme World of Longplays, plutôt que grâce à leur réserve de persévérance et de pièces de 10 francs.

Qui plus est, finir le jeu en solo débouche sur une mauvaise fin puisqu'on ne libère qu'une seule des deux fillettes captives, avec un message stipulant que le jeu doit être fini à deux pour avoir droit au vrai dénouement, un stratagème encore nouveau à l'époque et malin pour un jeu mange-pièces. Et attention au twist, car en réalité, finir le jeu à deux ne débouche même pas sur la vraie fin mais sur la possibilité de recommencer le jeu dans le « Super Mode » caché. Terminer le jeu une nouvelle fois à deux dans ce mode plus corsé révèle cette fois que le boss final, Super Drunk, était en fait les parents de Bub et Bob transformés par une force maléfique. À la fin, tout le monde retrouve forme humaine et s'embrasse dans la joie.

Bubble Bobble devient un classique immédiat se retrouve adapté sur une infinité de plateformes. En ce 2 juillet 2026, c'est l'anniversaire de la version Master System que nous fêtons. Elle est sortie en 1988 et reste généralement considérée comme supérieure à la version NES, parue la même année. Cette version comprend un total de 200 tableaux, de nouvelles salles secrètes, des objets bonus absents de la version arcade, des confrontations contre des mid-boss ainsi qu'une fin plus aboutie avec davantage de dialogues (et il n'est pas nécessaire de finir le jeu à deux).

Bubble Bobble est disponible pour 6,99 petits euros dans la gamme Arcade Archives sur PS4 et Switch. Le hit de Taito donnera naissance à des successeurs réussis comme Rainbow Islands : The Story of Bubble Bobble 2 (1987) qui prend une orientation différente puisqu'on y joue cette fois les formes humaines de Bub et Bob, qui génèrent non plus des bulles mais des arcs-en-ciel dans un jeu de plateforme ascensionnel jouable en solo. Son successeur de 1991, le moins connu Parasol Stars : The Story of Bubble Bobble III, est récemment ressorti en 2023 sur les plateformes modernes.

Ces fausses suites s'écartent toutefois assez largement du jeu de 1986. Des suites plus directes à Bubble Bobble sont sorties à partir de 1993 avec Bubble Bobble Part 2, Bubble Symphony et Bubble Memories, mais ces titres sont particulièrement méconnus et, pour la plupart, ne sont sortis qu'au Japon. On retient surtout qu'en 1994 sortait Puzzle Bobble, spin-off de génie qui donnera naissance à sa propre franchise.

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