« On écoute trop Twitter » : Asha Sharma et Xbox, un management qui divise déjà en interne ?

« On écoute trop Twitter » : Asha Sharma et Xbox, un management qui divise déjà en interne ?

« On écoute trop Twitter » : Asha Sharma et Xbox, un management qui divise déjà en interne ?

Asha appuie sur le champignon

Après quelques gestes plus ou moins significatifs, allant du plus cosmétique (Xbox qui devient XBOX) au plus concret (la baisse du prix de l'abonnement Xbox Game Pass Ultimate assorti du retrait de Call of Duty), Asha Sharma pilote désormais ce qui est attendu comme une des restructurations les plus radicales de l'histoire de l'industrie du jeu vidéo. En attendant d'être fixé sur le sort qui attend les studios Xbox, ce qui devrait être le cas lundi 6 juillet, le journaliste Christopher Dring a recueilli des impressions intéressantes venues de l'intérieur sur les premiers mois du mandat d'Asha Sharma.

Si une célèbre expression dit qu'après la pluie, le beau temps, la nouvelle direction de Xbox a pour sa part choisi de distribuer des câlins d'abord et de sortir le lance-flammes ensuite. C'est un choix, mais un choix qui peut laisser perplexe. « Ils ont fait les choses à l’envers. Normalement, on commence par les mauvaises nouvelles, on fait une pause, et ensuite on donne le positif aux gens », a confié un des plus hauts responsables des relations publiques de l'industrie du jeu vidéo au média The Game Business.

Après avoir discuté avec un certain nombre de contacts au sein des studios et de l'organisation de Xbox, le journaliste Christopher Dring brosse un portrait contrasté des débuts d'Asha Sharma, propulsée dans le milieu du jeu en provenance de celui de l'intelligence artificielle, en lieu et place de Phil Spencer, maintenu pendant pas moins de 12 ans aux commandes de l'activité jeu vidéo de Microsoft. Si on suppose qu'il est difficile, voire impossible, de faire l'unanimité au sein d'une organisation aussi tentaculaire que Xbox, les méthodes de management d'Asha Sharma sont apparemment discutables et discutées.

Pas le temps de niaiser

« La frustration, voire la division, règne au sein des rangs de Xbox. Sharma a insufflé une mentalité de start-up chez Xbox. La rapidité est une priorité. Des équipes habituées à des semaines de planification méticuleuse (et à d'innombrables réunions) se voient demander de redresser la barre en quelques jours, voire en quelques heures (l'annonce de la hausse des prix la semaine dernière a été diffusée plus tôt que prévu après qu'Apple a annoncé ses propres augmentations plus tôt dans la journée). C'est une approche réactive qui fait bouger les lignes. Mais cela peut aussi donner une impression de désordre et de chaos. Et toute la direction n'est pas derrière chaque décision. C'est particulièrement vrai du côté du développement, où certains chefs de studio estiment que Sharma écoute trop les consultants et pas assez les personnes qui créent les jeux », explique l'article.

Le journaliste a aussi recueilli un sentiment fréquent selon lequel les équipes se sentent punies pour les mauvaises performances du dernier Call of Duty et non en raison de leurs propres résultats. De fait, comme l'explique Christopher Dring, même si des titres comme The Outer Worlds 2 et Avowed avaient dépassé les attentes de Microsoft, ce n'est pas ce qui aurait compensé l'effondrement d'un pilier comme Call of Duty. « Un jeu comme celui-là, tout comme Candy Crush, Minecraft et Warcraft, font paraître une grande partie de la production de Xbox presque insignifiante », ajoute Chris Dring. On peut aussi arguer que vendre ou fermer des studios comme Ninja Theory et Double Fine ne va pas peser bien lourd dans la balance économique de Microsoft. Mais à ceci, un dirigeant de Xbox répond : « Nous sommes éparpillés sur trop de projets, de plateformes et de modèles économiques. Nous devons nous recentrer. »

Sur quel pied danser ?

La suite de l'article semble aller dans le sens de certaines de nos impressions au sujet de l'importance surprenante qu'Asha Sharma semble accorder au biais émotionnel de ses partisans adeptes des réseaux sociaux. Quant à la décision de ralentir le projet multiplateforme pour revenir à des exclusivités au compte-gouttes, elle divise sans surprise les opinions au sein de l'entreprise. « De nombreuses personnes avec qui j'ai échangé chez Xbox estiment qu'ils écoutent trop Twitter. Face à la crise des composants et au déclin général du marché des joueurs sur console, pourquoi choisir de réinvestir dans le matériel ? Les personnes à qui j'ai parlé ont de faibles attentes quant au fait que le tout nouvellement exclusif Gears of War ait un impact réel sur les ventes de Xbox Series S et X. Elles soulignent également que Xbox a déjà essayé de rajeunir Halo et Gears par le passé, et a également tenté de développer un méga-jeu avec Perfect Dark. Qu'est-ce qui sera différent cette fois-ci ? »

« Nous courons après un marché en déclin avec des franchises qui ont dépassé leur âge d'or », a reconnu le chef d'un des studios de Microsoft. Un autre estime que, depuis l'acquisition d'Activision Blizzard, l'activité Xbox est de toute façon passée sous la tutelle du PDG de Microsoft, Satya Nadella, et de sa directrice financière, Amy Hood.

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