Rien que démo - Virtue and a Sledgehammer : le nouveau jeu de Deconstructeam et Devolver casse la baraque (littéralement)

Rien que démo - Virtue and a Sledgehammer : le nouveau jeu de Deconstructeam et Devolver casse la baraque (littéralement)

Virtue and a Sledgehammer : le nouveau jeu de Deconstructeam et Devolver casse la baraque (littéralement)

Demolition Woman

Quand notre vénérable Boss nous a écrit en milieu de semaine pour nous dire qu’on allait ressusciter des rubriques pour le week-end et que, surprise, je devais m’y coller dès maintenant, j’admets volontiers qu’une vive panique m’a soudainement saisi. Un peu pris de court par ce timing, ma déprime intense, mais passagère, mon envie de faire les choses bien et mon stress chronique sont entrés en pleine collision avec mon planning chargé. À peine le temps de pleurer mon ancien job que je devais déjà me remettre aux fourneaux. Pourtant, le poing serré et la rage au ventre, j’avais surtout besoin de me vider la tête et de trouver un bon défouloir. En pleine tempête émotionnelle, il me paraissait alors impossible de trouver une démo et d’en profiter suffisamment pour la partager avec vous afin de relancer cette rubrique, qui, comme vous l'aurez compris, se concentre maintenant sur les démos de jeu. Mais c’était sans compter sur Virtue and a Sledgehammer.

Une femme, une masse et un rêve

Présenté lors des Game Awards de l’an passé, Virtue and a Sledgehammer avait déjà été brièvement abordé dans nos colonnes à l’époque. Dernière production en date de l’équipe espagnole de Deconstructeam, toujours soutenue par les irrévérencieux de chez Devolver, le soft se voulait alors beaucoup plus orienté “action” que les autres jeux du studio, qui s’affaire d’habitude à travailler des expériences centrées sur la narration.

Avec le Steam Néo Fest qui a eu lieu il y a quelques semaines, c’est l’occasion pour votre fidèle serviteur de rattraper son retard et de toucher pour la première fois à ce titre pas comme les autres. Ici, on suit donc Pratelle, une jeune femme dont la santé mentale s’étiole après un grave accident de la route. Au bord de la folie, et à défaut de suivre une thérapie, notre héroïne revient dans sa ville natale pour tout casser. Et c’est tout ce qui nous intéresse au départ.

Pour cette démo, Deconstructeam ne tourne pas autour du pot. Sans transition, on se glisse directement dans la peau de Pratelle, masse à la main, et on commence à saccager tout ce qui se dresse sur notre chemin. Le gameplay est hyper simple et repose, en réalité, sur un seul bouton qui permet, suivant la durée de la pression, de défoncer le décor avec plus ou moins d’efficacité. On se prend rapidement au jeu et on casse tout : les ordures qui traînent, les voitures, les maisons et même les habitants de la petite ville de Virtud transformés en robots humanoïdes - sans que l'on sache d'ailleurs pourquoi. Rien ne résiste à Pratelle et à sa furieuse envie d’en découdre. Mais, justement, pourquoi une telle colère ? Ça, on commence à l’apprendre plus tard. À mesure que l’on progresse et que l’on détruit, le jeu bascule et se veut alors un peu plus profond que ce qu’en laisse penser son gameplay.

Un coeur qui bat derrière cette carapace

La progression est entrecoupée de séquences animées à choix textuels au cours desquelles Pratelle se remémore des moments de vie avec sa soeur disparue. Là on va omettre quelques détails, mais on comprend que Nina, cette soeur, tient une place particulière dans le coeur de Pratelle. Au fil de notre progression au milieu des débris et de la ville, on fait aussi face à des personnages qui, par le biais de brefs dialogues, nous en dévoilent davantage sur l’héroïne et son histoire. Spoiler : c’est pas la joie, c’est même plutôt torturé.

Deconstructeam le précise par ailleurs au tout début, le contenu est réservé à un public averti. Manette en main, on le comprend rapidement et on constate alors que Virtue and a Sledgehammer repose finalement sur ce gameplay simpliste et bourrin et cette intrigue plus “deep” et réflexive qu’il n’y paraît, soutenue en outre par une ambiance visuelle et sonore flottante, presque onirique qui s'avère aussi troublante qu'envoûtante. Tout n'est pas réussi et, soyons honnêtes, l’économie du gameplay peine honnêtement à renouveler l’intérêt du joueur assez rapidement. L’équilibre n’est pas toujours parfait, loin de là, mais j’admets volontiers que ces prémices ont su cultiver chez moi une certaine curiosité. La bonne nouvelle, c’est qu’il ne s’agit là que d’une démo. Attendu pour le courant de l’année, Virtue and a Sledgehammer a tout le temps de gommer quelques-uns de ses défauts avant de sortir. En attendant, j’ai eu de quoi passer mes nerfs. Et ça, ça fait du bien.

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