Preview : The Blood of the Dawnwalker est un RPG très ambitieux et risqué

Preview : The Blood of the Dawnwalker est un RPG très ambitieux et risqué

Il fait partie de ces jeux qui ouvriront le terrible bal des sorties de septembre, et nous avons pu passer trois heures en compagnie de The Blood of the Dawnwalker. Un RPG qui s’annonce extrêmement ambitieux pour un premier jeu et qui a de sacrés arguments à faire valoir. Et pourtant, on ne peut pas s’empêcher de penser que le pari est risqué.

S’il s’agit bien du tout premier projet du studio polonais Rebel Wolves, ce dernier est composé de plein de vétérans, venus notamment de chez CD Projekt et ayant bossé sur la trilogie The Witcher. Forcément, ça aide beaucoup quand on veut développer The Blood of the Dawnwalker, qui racontera l’histoire de Coen, un homme mi-humain mi-vampire lancé dans une traque aux monstres suceurs de sang pour sauver sa famille. Le tout dans un univers dark fantasy et un open world RPG qui se veut très libre dans son approche. C’est en tout cas l’argument de vente que l’équipe met en avant depuis des mois et nous étions forcément curieux de voir ça par nous-mêmes.

Et ça commençait avant même notre session de jeu puisque lors de la traditionnelle présentation des développeurs pré-prise en main, Rebel Wolves nous explique d’emblée que le jeu ne se terminera pas après trente jours. Il faut savoir que dans The Blood of the Dawnwalker, nous avons trente jours en jeu pour sauver notre famille et le temps progresse à chaque activité que l’on fait comprenant une icône particulière très reconnaissable. Est-ce que ça veut dire qu’on peut choisir sciemment de laisser notre famille mourir et voir le générique de fin malgré tout ? Nous n’aurons pas de réponse concrète, mais le jeu semble se diriger dans cette direction.

Dans le cadre de cette preview, nous avons pu jouer pendant trois heures sur une build nous proposant tout le début du jeu, de son introduction et didacticiel jusqu’à ce qu’on soit lâchés dans la nature pour explorer à notre guise la première zone disponible. Une section assez costaude qui a permis de voir pas mal de choses, donc ne perdons pas plus de temps.

Suceur de temps

Au-delà de ce qu’il se passait sur mon écran, c’était surtout intéressant d’épier celui de ma voisine de preview pour comparer à quel point notre expérience était différente. À travers les dialogues d’une part, puisque les choix pouvaient amener à des situations opposées, mais ça paraît être le minimum syndical pour les ambitions du jeu. On notera tout de même une mécanique intéressante : la pulsion sanguinaire. Si l’on a abusé de nos pouvoirs vampiriques et que l’on ne s’est pas assez nourri, on peut se retrouver dans des situations où l’on va tout simplement se bloquer la roue de dialogue et le jeu va nous forcer à succomber à nos pulsions. Par exemple, j'ai attaqué et tué une pauvre personne sur ma route contre mon gré, alors que ma voisine a pu faire preuve de diplomatie avec elle pour désarmorçer le conflit.

Mais la principale chose à retenir de The Blood of the Dawnwalker, c’est qu’il faut vraiment aborder le temps comme votre ressource la plus précieuse. Non seulement pour l’histoire des 30 jours dont nous parlions plus haut, mais pour basiquement tout ce que l’on veut faire. Lors du didacticiel, le premier jour va consister à aller chercher des médicaments pour notre mère malade et les ramener le plus vite possible à notre père. On peut choisir comme je l’ai fait d’aider les habitants de notre petite ville et rentrer juste avant la tombée du jour à la maison avec les médocs. Ou l’on peut écouter notre père, qui en échange nous offrira une petite leçon de maîtrise d’armes, comme ma voisine de preview l’a fait. Il semble donc tout bonnement impossible de faire toutes les missions secondaires proposées par le jeu, ce qui est très bon pour la rejouabilité globale du titre, mais aussi sur le côté immersif.

Au-delà du timing sur les missions, certaines compétences déblocables couteront un peu de temps, permettant de figer définitivement à quel point cette ressource est primordiale. Rassurez-vous cependant, la moindre action que vous ferez ne va pas vous couter du temps et les petites activités dans l’open world ne feront pas s’écouler le sablier. Nous terminerons sur l’aspect narratif du jeu sur quelque chose d’intéressant : The Blood of the Dawnwalker n’a pas peur de se mouiller sur l'impact de nos choix et de nos actions, proposant très rapidement des gros bouleversements sur la trame principale, sur lesquels nous resterons vagues.

Pour le meilleur et pour le vampire

L’agréable surprise de cette prise en main résidait également dans le système de combats. Moitié The Witcher 3, moitié Kingdom Come Deliverance 2, le système de contres et de parades en suivant l’angle d’attaque de notre adversaire fait qu’il faut rester concentré sur le moindre combat. Surtout que The Blood of the Dawnwalker n’hésite pas à avoir une difficulté bien relevée. Même en mode normal, on peut très rapidement se faire laver par une escouade de soldats bien armurée ou par un ours sauvage. C’est pas du From Software, mais on s’est surpris à être malmenés plus d’une fois lors de notre session, et on espère d’ailleurs que Rebel Wolves va peaufiner un peu son système de sauvegarde automatique, qui manquait ici de régularité.

En parallèle de la difficulté, on se pose beaucoup de questions sur la progression et la montée en puissance de Coen au fil de l’aventure. Avec trois arbres de compétences (humain, vampire et un global), il y a de quoi faire et on se demande encore si le jeu sera suffisamment généreux en expérience pour améliorer les trois de façon équilibrée ou pas. Jouer un vampire devrait pouvoir livrer, à un moment donné; un sentiment de surpuissance (relative certes) à son joueur et nous n’avons malheureusement pas joué assez longtemps pour voir comment le studio va faire évoluer sa difficulté au fil de l’aventure. Cela étant dit, il y a une certaine harmonie entre le côté vampire et humain. D'une part les missions vont s'aborder de façon parfois très différente entre le jour et la nuit, puisque le vampire peut par exemple marcher sur les murs et atteindre des points en hauteur, alors que l'humain peut avoir recours à la magie pour progresser.

Défi 30 jours

Je venais avec des attentes relativement basses pour cette preview et j’en suis ressorti agréablement surpris. Pour autant, ne soyons pas dupes, puisque les premières heures de jeu (surtout des open world) sont là pour mettre le paquet et nous accrocher en mettant un point d’orgue sur ses concepts forts, quitte à rentrer dans une forme de routine par la suite. Un risque que l’on ne peut pas s’empêcher de garder en tête, car malgré le beau monde composant Rebel Wolves, rappelons encore une fois qu’il s’agit d’un premier jeu.

Surtout que l’on n’a vu qu’un tout petit fragment de l’univers, composé surtout d’environnements naturels plus que de structures humaines et la direction artistique, bien que très efficace, n’a pas vraiment d’arguments visuels de poids. C’est joli, mais pas très original quoi. Ajoutons à cela une interface parfois un peu lourde, notamment sur l’inventaire et on se dit que l’on nous a fait courir un sprint sur un jeu qui doit être pensé pour un marathon. Est-ce que The Blood of the Dawnwalker est prometteur ? Il a en tout cas les outils pour l’être et des bonnes idées pour le rendre unique. Tout est désormais une question d’endurance et on se donne rendez-vous le 3 septembre pour le découvrir.

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