Mémoire cash - Pourquoi Vandal Hearts II reste le Tactical RPG le plus radical de la PlayStation

Mémoire cash - Pourquoi Vandal Hearts II reste le Tactical RPG le plus radical de la PlayStation

Pourquoi Vandal Hearts II reste le Tactical RPG le plus radical de la PlayStation

Acte de vandalisme

Le 8 juillet 1999, deux ans après un grandiose Vandal Hearts, Konami remettait le couvert avec Vandal Hearts II : Heavenly Gate. Vingt-sept ans plus tard, alors que la Terre entière continue de se prosterner religieusement devant Final Fantasy Tactics ou Tactics Ogre, il est grand temps de bousculer ces idoles. Rangez vos grimoires de mages et vos armures forgées en Ivalice : le TRPG le plus radical, le plus brutal et le plus impitoyable de la PlayStation, c’est celui-ci.

Comment Vandal Hearts 2 a cassé votre tour par tour

Après un premier volet linéaire mais mémorable pour ses geysers de sang cartoonesques à chaque décès ennemi, le studio s'est fendu d'une suite qui a purement et simplement réinventé la roue du combat tactique. Un coup de poker mécanique d’une audace dingue, qui a laissé les puristes sur le carreau mais a offert aux amateurs de friction pure leur plus beau cataclysme ludique. Pour capter la violence de cette rupture, il faut comprendre que l'on met de côté la politesse rousseauiste du tour par tour traditionnel. Konami a balancé les règles de l'échiquier classique du tactical-RPG par la fenêtre pour imposer le "Dual-Turn system", une mécanique simultanée d'une audace folle qui transforme chaque escarmouche en une roulette russe psychologique permanente. Concrètement, vous et l'ordinateur sélectionnez vos actions en même temps, et la résolution s'exécute dans la même seconde.

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Vous ordonnez à votre paladin de fendre le crâne d'un archer ennemi ? Si l'IA a anticipé votre trajectoire et décalé sa pièce de deux cases, votre guerrier va bêtement brasser du vent avec sa claymore tandis que l'archer lui alignera une flèche entre les deux omoplates depuis son nouvel angle. Vandal Hearts 2 installe ainsi une paranoïa de tous les instants : on ne calcule plus sagement les lignes de mire ou les bonus de hauteur, on essaie de lire dans les pensées d'un algorithme vicieux, et on doit accepter le fait qu'un plan parfait puisse être ruiné par une simple feinte de la console. Une exigence tactique totale, presque masochiste, qui transforme le moindre affrontement en un pari non seulement sur votre intelligence, mais aussi sur votre instinct.

La lutte des classes

Pour accompagner cette révolution de gameplay, Konami a troqué l'ambiance heroic fantasy un peu candide du premier opus pour une tragédie politique d'une noirceur abyssale. On y suit la déchéance de Joshua, gamin de la campagne pris dans l'engrenage d'une guerre civile mêlant fanatisme religieux, complots de la noblesse et trahisons fraternelles. Vandal Hearts 2 avance dans une tonalité désespérée, et le jeu ne s'embarrasse d'aucun filtre moral pour atténuer l'horreur des conflits. Les fameuses fontaines d’hémoglobine de la série sont toujours là, mais elles ne font plus rire : elles soulignent désormais la violence extrême d’un univers en pleine décomposition.

L'autre grand bras d'honneur aux habitudes des joueurs réside dans l'abandon total du système de classes rigides. À la trappe les jobs de voleurs ou de ninjas qu'on peaufine pendant cinquante heures de farm intensif. Dans Vandal Hearts II, vous êtes ce que vous portez. Les compétences et les sorts sont directement liés aux armes et armures équipées. Envie que votre colosse en armure lourde balance des décharges de foudre ? Équipez-le du bon bâton et regardez le carnage. Si cette flexibilité absolue offrait une liberté de personnalisation que même la saga des Final Fantasy n'osait qu'effleurer à l'époque, elle transformait aussi la gestion de l'inventaire en un véritable casse-tête, puisqu'il vous fallait toujours anticiper la tournure des affrontements et la nature des ennemis plusieurs combats à l'avance. Une torture cérébrale géniale.

Vandal Hearts II était loin d'être parfait. Sa maniabilité à base de caméra rotative donne parfois le tournis, sa progression est un tunnel de souffrance et son système simultané a terrorisé une bonne partie des fans du premier volet qui voulaient juste un tactical confortable. Mais c'est précisément pour cette absence totale de compromis qu'il trône au panthéon du genre. Konami a osé dynamiter un genre ultra-codifié par pure ambition créative pour accoucher du vrai trône de fer de la 32-bits.

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