
Xbox : la course à l'accessibilité va prendre du plomb dans l'aile suite aux licenciements
J'ai une mauvaise et une mauvaise nouvelle
En ce mois de juillet, nous sommes censés célébrer fièrement les handicaps, quels qu'ils soient, et porter des initiatives allant dans le sens d'une meilleure accessibilité à tous les niveaux. Dommage que le calendrier coïncide avec le tsunami de licenciements annoncé par Xbox et que le domaine de l'accessibilité, justement, soit particulièrement touché par ce dernier. On savait déjà que la boîte avait chié dans la colle, mais nous voilà finalement face à un océan de merde.
Chez Xbox, on a à coeur de rendre accessible le jeu vidéo aux personnes en situation de handicap. C’est ainsi qu’on a pu voir la boîte commercialiser des manettes adaptatives et investir des sous-sous dans des projets du même genre, ou encore se rapprocher d’acteurs du secteur du handicap pour mettre sur pied des directives d’accessibilité. Au fil des années, Xbox n’a ainsi pas seulement affirmé sa volonté de rendre plus accessible le jeu vidéo, il l’a prouvé à plusieurs reprises. C’est pourquoi il est étonnant aujourd’hui de voir que parmi les divisions les plus touchées à l’occasion des récents licenciements, on retrouve celle qui tourne autour de ces questions d’accessibilité.
Jouez comme vous êtes... mais pas trop
Dès la mi-juin, le début des problèmes s’est profilé. Sur LinkedIn, un premier employé responsable de programme d'accessibilité a indiqué que son poste était menacé. Mais étant en freelance, on aurait pu se dire qu’il était de toute façon voué à disparaître, indépendamment des vagues de licenciements. Mais voilà que les messages de ce genre se sont multipliés depuis l’annonce récente des (trop) nombreux départs forcés. Kaitlyn Jones, qui a chapeauté de nombreux projets (joystick adaptatif, programme de formation public…) pendant ses cinq années au poste de responsable de l’accessibilité, a été remerciée. Même chose pour Elisabeth Whyte, chercheuse senior primée sur les questions d’accessibilité, ou encore Zach Clothier, responsable des tests à ce niveau… Et ce n’est malheureusement pas tout. Un post sur Bluesky signé par un chercheur en accessibilité chez ZeniMax, désormais supprimé, indiquait que “le personnel en charge de l'accessibilité semble globalement fortement impacté.” Dans un autre genre d’accessibilité, Kevin LaChapelle, vice-président de la plateforme Xbox à qui l’on doit l’initiative de la rétrocompatibilité de la console, a aussi été remercié.
Mais malgré ces signaux inquiétants, la boîte se veut bien sûr rassurante. “L’accessibilité demeure une priorité pour Xbox”, a déclaré un porte-parole de Microsoft dans un communiqué transmis à GameSpot, “bien que nous ayons apporté des changements au sein de l’équipe, notre objectif de créer des expériences de jeu plus accessibles pour les joueurs reste inchangé.” Mais pour cette fois, on a bien du mal à croire Microsoft sur parole. Il semble en effet y avoir un monde entre les paroles et les actes. Car faire mieux avec moins est rarement un plan très viable. Et ce sont les joueurs qui vont, en plus des employés renvoyés, payer le prix de cette recherche constante de profitabilité. En plein Mois de la Fierté du Handicap, cette décision laisse un goût particulièrement amer…