GTA Trilogy : cinq ans après le fiasco, le patron de Grove Street Games rejette la faute sur Rockstar

GTA Trilogy : cinq ans après le fiasco, le patron de Grove Street Games rejette la faute sur Rockstar

GTA Trilogy : cinq ans après le fiasco, le patron de Grove Street Games rejette la faute sur Rockstar

"Cé pa ma fote a mwa"

Près de cinq ans après la sortie catastrophique de GTA Trilogy: The Definitive Edition, le patron du studio de développement Grove Street Games sort enfin du silence. S'il concède à demi-mot que la compilation était cassée, Thomas Williamson tente un audacieux exercice de contorsion managériale en affirmant que les joueurs ont « beaucoup apprécié » le titre, tout en rejetant une partie de la faute sur la stratégie de lancement de Rockstar.

C’est le propre des casseroles : elles font toujours du bruit, même des années après avoir été rangées au placard. En novembre 2021, la sortie de Grand Theft Auto : The Trilogy – The Definitive Edition s'était transformée en un mémorable hall des horreurs. Modèles 3D grotesques, éclairages cassés, pluie diluvienne opaque rendant le jeu injouable, textures upscalées à la va-vite et version PC retirée de la vente en urgence à cause de fichiers sources oubliés... Grove Street Games, petit studio de Floride propulsé au chevet de trois monuments du jeu vidéo (GTA III, Vice City et San Andreas), était devenu instantanément la risée d'Internet avant d'être "sauvé" par une overdose de patchs. Désormais recentré sur sa propre licence de combat de monstres géants baptisée Beastlink, le PDG Thomas Williamson a profité d'un entretien avec nos confrères de Wccftech pour vider son sac.

« Beaucoup de gens y jouaient »

Dans un bel élan de lucidité tardive, Williamson commence par donner raison à la communauté : « Concernant la GTA Trilogy, j'étais d'accord avec la plupart des réactions des gens. C'est probablement tout ce que je peux dire personnellement sur ce que nous avons ressenti et sur nos intentions ». Mais chassez le jargon corporate, il revient immédiatement au galop. Pour défendre le bilan de son équipe, le patron s'abrite derrière les fameuses données de fréquentation : « En fin de compte, si l'on regarde les métriques en coulisses sur ces jeux, il y avait beaucoup de gens qui y jouaient et qui ont adoré l'expérience. Il y avait aussi beaucoup de gens qui en voulaient plus, et je ne les blâme pas ».

Une pirouette qui occulte une réalité simple : si les compteurs de connexions s'affolaient à l'époque, c'est avant tout parce que Rockstar avait cyniquement pris soin de supprimer les versions originales de toutes les boutiques numériques juste avant le lancement. Les joueurs n'avaient tout simplement aucun autre choix légal pour revisiter ces classiques. Confondre le temps de jeu captif avec un indice de satisfaction pur relève donc d'un niveau d'acrobatie assez spectaculaire.

La faute au calendrier et à la nostalgie des joueurs

Ne souhaitant manifestement pas porter seul le chapeau de ce naufrage, Williamson pointe du doigt la stratégie de distribution globale de Rockstar, suggérant un désaccord profond sur le calendrier imposé : « Malheureusement, nous n'étions pas d'accord avec la façon dont le jeu est sorti et la réponse que cela a entraîné du côté du développement. Je pense que cela aurait considérablement changé le récit global ». Traduction : le jeu aurait eu bien besoin de quelques mois supplémentaires de polissage plutôt que d'être balancé à la hâte pour boucler un trimestre fiscal.

Pour conclure sa plaidoirie, le dirigeant invoque l'excuse éternelle du chantier trop grand pour être parfait, rejetant une partie de la toxicité des retours sur la mémoire sélective du public : « La réalité de ce qu'était le jeu s'est aussi mélangée à la nostalgie des gens. On voit très rarement des remasters de cette envergure recevoir des louanges unanimes. C'est un exercice extrêmement difficile [...] Nous savions pertinemment qu'il serait impossible de rendre tout le monde heureux ». Selon lui, seule l'équipe de Rockstar North aurait pu accoucher d'une refonte parfaite. Une analyse indiscutable, qui pose néanmoins la seule question qui vaille : pourquoi avoir accepté le contrat si le costume était de toute évidence bien trop large ? Ah oui, le pognon.

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