
Xbox : Après avoir viré 3 200 personnes, Asha Sharma nommée conseillère à l'emploi par la Banque Fédérale US
Ça doit serrer les fesses très fort à la Fed Bank
Le cynisme de l'industrie accouche parfois de situations totalement lunaires. Quelques jours à peine après avoir orchestré une purge historique de 3 200 employés au sein de la division gaming de Microsoft, la patronne d'Xbox, Asha Sharma, vient d'être officiellement nommée par la Réserve fédérale américaine pour co-diriger un groupe de réflexion sur... l'emploi et la productivité. Un timing absolument splendide.
C’est une information que l'on aurait volontiers classée au rayon des parodies satiriques si elle n'émanait pas directement d'un communiqué officiel du gouvernement américain. Le nouveau président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, a annoncé le lancement de cinq groupes de travail externes destinés à moderniser et réformer les outils d'analyse de la banque centrale. Parmi la liste d'experts recrutés dans le monde académique et de la Silicon Valley pour mener ces panels, le choix d'Asha Sharma n'a pas manqué de faire s'étrangler une bonne partie de la communauté des développeurs, des joueurs, des lecteurs de la presse, et de tous ceux qui ont au moins deux neurones.
Asha Sharma : votre conseillère Pôle Emploi
Propulsée à la tête d'Xbox en février dernier, la dirigeante s'est surtout illustrée ces dernières semaines par un plan de restructuration d'une violence inouïe. Rappelons que cette "refonte" interne prévoit d'envoyer sur le carreau environ 3 200 collaborateurs d'ici la fin de l'année fiscale 2027, laissant les équipes restantes exsangues et terrifiées à l'idée de voir les licences phares du constructeur définitivement endommagées par cette politique de la terre brûlée. Autant dire que voir cette même personne s'installer confortablement à la table du gouvernement pour disserter sur la "stabilité de l'emploi" offre un contraste pour le moins saisissant.
Sharma ne sera pas seule dans cette mission. Elle co-animera le panel dédié à la productivité et à l'emploi aux côtés de Charles I. Jones, professeur d'économie à Stanford actuellement détaché chez la firme de sécurité en IA Anthropic, et de Marc Andreessen, célèbre investisseur de la Silicon Valley connu pour injecter des milliards dans les technologies d'automatisation. Une équipe de choc taillée pour virer des centaines de personnes tout en leur assurant que l'IA fera mieux leur boulot, pour moins cher (ce qui est archifaux, mais les éminences grises ne savent pas lire apparemment).
Car, oh surprise, l'objectif de ce triumvirat sera "d'étudier comment les technologies émergentes", au premier rang desquelles l'intelligence artificielle, redéfinissent l'économie globale, afin d'aider la Fed à ajuster ses taux d'intérêt et ses décisions monétaires. Quand on sait à quel point l'argument de l'IA et de l'optimisation à marche forcée sert actuellement de paravent commode aux éditeurs pour justifier les licenciements de masse qui essorent l'industrie du jeu vidéo depuis plusieurs années, voir une cadre du milieu récompensée de la sorte a tout d'une provocation. Les rescapés des vagues de licenciements chez Xbox, qui tentent tant bien que mal de maintenir le navire à flot, apprécieront sans doute la reconnaissance de ce savoir-faire très particulier en matière de "gestion humaine".