Selon Shawn Layden, "Microsoft n'a jamais vraiment choisi entre être éditeur et être fabricant de consoles"

Selon Shawn Layden,

Selon Shawn Layden, "Microsoft n'a jamais vraiment choisi entre être éditeur et être fabricant de consoles"

L'absence de choix est un choix

Pendant trois décennies, Shawn Layden a contribué à bâtir PlayStation de l'intérieur, des débuts de la PS1 jusqu'à la supervision des treize studios first-party de Sony lors de son départ en 2019. Alors quand il a publié sur LinkedIn un commentaire sur les décisions récentes de Microsoft, suggérant une "incompréhension fondamentale du fonctionnement du monde du divertissement interactif", Eurogamer a décidé de le contacter pour comprendre ce qu'il voulait dire.

Le cœur de la réflexion de Layden tient en une formulation : Microsoft doit faire un choix, et ne peut pas ne pas choisir. "Il y a deux routes : être un concurrent crédible sur le marché des plateformes face à PlayStation, ou être le plus grand éditeur de jeux au monde, ce que Microsoft est, ou presque, au vu de ses acquisitions. Mais ces deux routes ne convergent pas. Elles divergent nécessairement" : ainsi, selon Layden, être une plateforme crédible exige des exclusivités. Nintendo le fait très bien avec, entre autres, Mario et Zelda. Idem pour PlayStation (même si elles sont plus limitées en nombre que Nintendo), avec God of War, Spider-Man et autres Horizon. En revanche, être le plus grand éditeur du monde suggère la présence sur toutes les plateformes, ce qui implique l'abandon de l'exclusivité. Autrement dit, les deux stratégies seraient complètement antinomiques (et auto-annihilatrices).

Crise d'identité

Pour illustrer cette idée, Layden fait appel à son propre bilan chez Sony. "Même dans notre meilleure année, nous n'avons jamais dépassé 22 % de part de marché. Plus de 80 % du business venait d'EA, Ubisoft, Activision, Take-Two, Bandai Namco, Sega. Notre rôle en tant que first-party n'était pas de devenir le plus grand éditeur du monde. En fait, c'était contraire à notre intérêt de commencer à empiéter sur nos partenaires. Mon rôle était de faire des jeux qui agrandissaient le gâteau, pas de voler des parts à EA ou à Activision" indique l'ex-Sony. In fine, selon Layden, Microsoft ne s'est jamais réellement décidé : sous Phil Spencer, la tentation de tout faire à la fois (exclusivité, multiplateforme, abonnement Game Pass, cloud, "This is an Xbox") a conduit à une accumulation de studios sans cap stratégique clair, ce qui a mené à une structure surétendue, une marge de responsabilité à 3 %, des studios rachetés avec beaucoup de promesses et fermés sans avoir eu le temps de réellement exprimer leur potentiel. Et ceux qui restent seront désormais employés à travailler sur de grosses licences porteuses, quitte à mettre de côté toute forme de créativité.

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