Jetez donc un œil à ce que fait Kazeta, cette boîte qui veut ramener le jeu physique sur PC (avec des fausses cartouches)

Jetez donc un œil à ce que fait Kazeta, cette boîte qui veut ramener le jeu physique sur PC (avec des fausses cartouches)

Jetez donc un œil à ce que fait Kazeta, cette boîte qui veut ramener le jeu physique sur PC (avec des fausses cartouches)

SD Gaming

Alors que Sony vient d'annoncer la fin de la production de disques physiques pour ses futures sorties PlayStation à partir de 2028, et que la question de la propriété numérique s'invite de manière de plus en plus insistante dans les débats en ligne, un projet complètement à contre-courant nommé Kazeta entend ramener le jeu physique là où on ne l'attendait même plus, c'est à dire sur PC.

Kazeta part d'un constat simple : le PC n'a jamais vraiment connu l'âge d'or du jeu physique tel que les consoles l'ont vécu, entre insertion de cartouche et lancement immédiat sans compte, sans mise à jour, sans launcher à ouvrir. Le projet propose de recréer cette expérience console en transformant n'importe quel jeu compatible exempté d'un DRM (GoG sera certainement le meilleur ami des intéressés par le projet) en une cartouche physique, sous la forme d'une carte SD ou de tout autre support externe.

Un OS pour raviver la flamme du jeu physique

Concrètement, Kazeta est un système d'exploitation basé sur Linux (Arch Linux + Gamescope, l'outil de Valve utilisé sur le Steam Deck), développé par Alesh Slovak (le même développeur derrière ChimeraOS, une distribution Linux orientée gaming qui a inspiré une partie de SteamOS). Le concept est le suivant : rien n'est à acheter directement à Kazeta. Il s'agit en réalité d'un logiciel téléchargeable gratuitement sur le site du projet et open source. Chaque joueur devra en revanche fournir soi-même une machine compatible (PC 64 bits x86, 4 Go de RAM minimum, GPU AMD RX 400 / Nvidia GTX 1600 ou plus récent), et des cartes SD (ou autre support externe comme des disques par exemple) sur lesquelles il faudra installer manuellement ses propres jeux sans DRM (achetés au préalable sur GOG, itch.io, etc). L'idée est donc de préparer soi-même ses propres cartouches en copiant un jeu sur carte SD avec un fichier .kzi qui indique à Kazeta comment le lancer. Une fois la carte insérée dans la machine équipée de l'OS Kazeta (un mini-PC sera tout indiqué, en l'occurrence), le jeu se lance directement.

La philosophie du projet est résumée par une liste de négations presque provocatrice dans le paysage actuel : vous n'aurez pas ici de publicité, pas de DRM, pas de cloud, pas de mises à jour forcées, pas de comptes, pas de launcher, pas d'abonnement, pas de collecte de données, pas de microtransactions. On est clairement en miroir inversé des tendances dominantes de l'industrie, et d'ailleurs la gestion des sauvegardes est pensée pour rester tout aussi simple : votre PC compatible capture automatiquement de la progression, et lorsqu'aucune cartouche n'est insérée, un menu BIOS d'inspiration rétro (il est un peu moche pour l'instant et mériterait un petit coup de pinceau, avouons-le) permet de consulter, gérer, sauvegarder ou supprimer les données de jeu stockées, avec un suivi du temps de jeu intégré.

Ainsi, au-delà même de la nostalgie affichée (l'accroche du projet invite à "jouer comme en 1995"), Kazeta se positionne aussi comme un outil de préservation : vous pouvez transformer une bibliothèque numérique en objets physiques, permanents et jouables indéfiniment, à l'abri des fermetures de serveurs, des révocations de licences ou des changements de politique d'un éditeur. Le projet cible également un public plus large que les seuls passionnés de jeu rétro : il sera également utile pour les enfants nécessitant un environnement hors ligne sécurisé, les personnes plus âgées intimidées par la complexité du jeu vidéo actuel, ou simplement les joueurs en quête d'une simplicité perdue. Autant dire que les projets du genre (même si, en l'occurrence, celui-ci a déjà plusieurs mois derrière lui - excusez-nous du retard) méritent un petit coup de projecteur. Dont acte.

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