
Les trois-quarts de la ludothèque PS3 sont désormais complètement jouables sur PC via RPCS3
Têtu comme une émulation
RPCS3, l'émulateur de référence pour la PlayStation 3, vient de franchir un cap de compatibilité assez fou : désormais 75 %, de l'ensemble du catalogue PS3 est désormais jouable de A à Z sur PC.
Ainsi, selon la base de données de compatibilité de l'émulateur, 2 681 des 3 559 jeux testés sont classés "jouables", c'est-à-dire potentiellement jouables du début à la fin, sans bug bloquant et avec des performances satisfaisantes. 816 titres supplémentaires sont classés "en jeu", signifiant que l'émulateur les charge et permet d'y jouer partiellement, mais avec des bugs ou des soucis de performance persistants. In fine, seuls 61 jeux restent bloqués à l'écran d'introduction.
Autant dire qu'il s'agit en soi d'un sacré exploit : le Cell Broadband Engine de la PlayStation 3 et son architecture complexe conçue conjointement par Sony, Toshiba et IBM a longtemps été considéré comme un cauchemar aussi bien pour les développeurs de jeux originaux que pour les émulateurs cherchant à le reproduire. Cette complexité explique en grande partie pourquoi RPCS3, malgré près d'une décennie d'existence, a mis autant de temps à atteindre un tel niveau de maturité, contrairement à l'émulation PS2 ou PS1 qui a progressé bien plus rapidement avec le temps.
L'émulation en rempart pour la préservation du jeu vidéo
Bien entendu, ces progrès trouvent une résonance particulière dans le contexte actuel : on rappelle que la firme a récemment annoncé la fin de la production de disques physiques à partir de 2028, accélérant de facto sa transition vers un modèle entièrement numérique. Si cette décision ne concerne pas directement la PlayStation 3 elle-même, elle a ravivé les débats sur la propriété numérique et la pérennité de l'accès aux jeux achetés. L'émulation, en l'état, s'impose de plus en plus comme un outil légitime de préservation du patrimoine vidéoludique, bien qu'elle reste perçue comme appartenant à une zone grise juridique associée au piratage. Mais il se peut tout à fait qu'à l'avenir, ce soit la seule solution de préservation des jeux vidéo. D'où la nécessité de soutenir les initiatives de ce genre, surtout lorsqu'elles parviennent à s'affranchir de difficultés techniques majeures à force de travail, comme c'est le cas ici avec RPCS3.