Mémoire cash - Certains le préfèrent toujours à Mario 64 : Banjo-Kazooie glousse depuis 28 ans

Mémoire cash - Certains le préfèrent toujours à Mario 64 : Banjo-Kazooie glousse depuis 28 ans

Certains le préfèrent toujours à Mario 64 : Banjo-Kazooie glousse depuis 28 ans

Dis, Nounours...

Aujourd'hui, la jeunesse ne connaît plus Rare que pour Sea of Thieves. Cruelle plaisanterie du temps qui passe. Rare, c'était d'abord un studio anglais de premier plan qui maîtrisait les consoles Nintendo à merveille, et qui avait suffisamment marqué son monde pour que Banjo-Kazooie se glisse, des décennies plus tard, dans Super Smash Bros. Ultimate au seul argument qu'il s'agissait d'un titre culte. C'était il y a 28 ans déjà.

D'après Rare, Banjo-Kazooie devait parler à tous les groupes d'âge à la façon d'un bon Disney. C'est l'évidence même. Nous suivons un ours bonhomme et son acolyte, un piaf rouge vif niché dans son sac à dos, à la poursuite de la méchante sorcière Gruntilda - une grosse parodie de la méchante sorcière dans Le Magicien d'Oz. Ajoutez une dose d'humour anglais et vous avez le squelette idéal pour un jeu de plateforme bourré de secrets à dénicher au fil de neuf mondes distincts. Banjo-Kazooie appartient à cette grande famille des « collectathons » où l'objectif est de récolter une grande quantité d'objets arbitraires. Super Mario Odyssey et Donkey Kong Bananza comptent clairement parmi ses héritiers.

Banjo sans fausses notes

Pourtant, Rare aurait pu accoucher d'un titre extrêmement différent. À l'origine, le studio travaillait sur Project Dream, aussi connu sous le nom Dream : Land of Giants. Ce devait être un RPG à destination de la SNES dont Rare connaissait déjà intimement les rouages grâce à la trilogie Donkey Kong Country (pour ne citer qu'eux). C'est d'ailleurs l'équipe de Donkey Kong Country 2 qui s'est attelé au projet dès 1995 sur plus de 16 mois. C'était, peu ou prou, une version revisitée de Peter Pan où le jeune Edson devait vaincre une troupe de pirates à la recherche d'une substance magique pour faire voler leurs navires. Oui, de la poussière de fée, en somme.

À mesure qu'avançait le développement, les ambitions de Rare ont grandi, et l'arrivée de la Nintendo 64 et de ses graphismes 3D a incité les développeurs à revisiter leur concept. Dream devait être plus ambitieux, plus grand, plus... plus, quoi. Suivre Edwin paraissait alors démodé. Un nouveau protagoniste devait s'imposer. Rare a d'abord songé à un lapin, puis a regardé Banjo, personnage secondaire qui était grossièrement un ours humanoïde doté d'un sac à dos. Finalement, ce serait lui, le héros.

Mais le développement n'a pas été plus simple pour autant. Durant ces 16 premiers mois, Rare a relancé Dream quatre fois. Mais Super Mario 64 fut un véritable électrochoc. Apparemment, le studio sentit que Nintendo venait de donner le rythme des jeux 3D, et Rare décida de repartir de zéro en ne conservant que le sympathique Banjo. Pas besoin de raconter le reste ; il suffit de trouver une copie de Banjo-Kazooie pour savoir ce qu'il advint du projet. Évidemment, l'histoire de la franchise ne s'arrête pas là puisqu'il y eut encore l'ambitieux Banjo-Tooie et le simulateur de bricolage Banjo-Kazooie : Nuts & Bolts qui fit polémique sur Xbox 360, car trop différent des précédents épisodes.

Aujourd'hui, que reste-t-il que Banjo-Kazooie ? Un vieux plaisir de gosse, mais aussi un état d'esprit, c'est-à-dire une forme de plaisir un peu masochiste où l'on récolte 1523457 « patounes » par niveau pour espérer atteindre le divin 100%. Après le rachat de Rare par Xbox en 2002, l'équipe originelle s'est éparpillée, mais beaucoup de développeurs - dont le compositeur Grant Kirkhope - ont fini par se retrouver chez Playtonic pour livrer l'héritier spirituel Yooka-Laylee en 2017. Un premier jet plein de bonne volonté, mais maladroit, retravaillé dans le récent remake Yooka-Replaylee.

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