
Preview : Castlevania : Belmont's Curse réveille la franchise quarantenaire d'un bon coup de fouet
Rose Against
- PS5
- Switch
- Xbox X|S
- PC
Croyez-le ou non, mais le dernier titre original en 2D de la série Castlevania qui ne soit pas un remake, une compilation ou un spin-off était déjà Castlevania : Order of Ecclesia en 2008 sur DS. Ça ne nous rajeunit pas. Une absence d'autant plus ressentie que les indépendants (et quelques gros studios) sont venus combler le vide par une foultitude de metroidvania, d'hommages amoureux à Castlevania : Symphony of the Night et de pastiches. Heureusement, depuis quelques années, Konami s'est rappelé qu'il avait beaucoup de franchises en sommeil et qu'il suffisait de passer quelques coups de téléphone pour trouver des exécutants à défaut de vouloir les ressusciter en interne. Voilà donc Castlevania : Belmont's Curse, développé par le studio bordelais Evil Empire (suivi de Dead Cells, The Rogue Prince of Persia).
Nous sommes à Paris, en 1499. Alors que la ville est assiégée par les forces obscures, l'évêque Claude de Champigny supplie Trevor Belmont, en sa qualité de meilleur (et dernier) chasseur de vampires de son clan, de venir sauver la couronne. Sauf que Trevor n'est plus seul. Sa fille Rose Belmont est désormais apte à se battre. Victime d'une malédiction, héritée de sa défunte mère Sypha, elle n'en est pas moins une redoutable combattante et part libérer les rues de Paris pendant que Trevor, lui, se rend chez l'évêque, convaincu qu'il est passé à l'ennemi et qu'il leur tend un traquenard. Voilà le début de Castlevania : Belmont's Curse.
Ils ont remis le feu à Notre-Dame
Sans le mythique fouet "Vampire Killer", puisqu'il est toujours entre les mains de son paternel, Rose Belmont peut cependant utiliser une vaste gamme d'armes de mêlées et de sortilèges. D'une pression de bouton, elle fend la chair des goules sans le moindre problème. Castlevania : Belmont's Curse opte pour un gameplay metroidvania assez classique où nous allons progressivement acquérir de nouvelles compétences qui servent aussi bien à se battre qu'à explorer les moindres recoins de la carte ; à défaut de Vampire Killer, le premier boss va justement octroyer un fouet de lumière qui sert autant à se balancer ou se hisser aux points d'accroche qu'à empoigner les ennemis pour leur fendre dessus comme la buse vengeresse. Même bilan avec la lumière céleste, qui peut disperser des nappes de chaos pour ouvrir de nouveaux passages ou servir de parade.
D'ailleurs, si vous n'aimez pas les parades, vous allez rapidement vous fâcher avec les nouvelles aventures du clan Belmont. C'est là que se cache la modernité du game design. De l'aveu des développeurs, la parade sera extrêmement importante pour survivre, puisqu'elle bloque plus d'attaques que la simple glissade, et qu'elle peut totalement neutraliser des vagues de projectiles ou renvoyer des dégâts en quantité généreuse à l'impact. De surcroît, elle peut être activée à absolument n'importe quel moment. Un pianoteur d'élite saura vite enchaîner attaques, glissades, sorts et parades pour massacrer les chevaliers sur son passage, mais le timing n'est pas moins exigeant à apprendre, d'autant que Castlevania : Belmont's Curse s'impose d'ores et déjà comme l'un des titres les plus épineux du catalogue contemporain de Konami.
Evil Empire vient de Dead Cells et ça se ressent. Si Castlevania : Belmont's Curse n'est absolument pas un roguelite, sa difficulté reste très épicée. Dès l'acquisition de la sainte lumière (qu'il faut activer et désactiver rapidement pour disperser certaines obstacles), les nombreux parcours d'obstacles s'enveniment et demandent, déjà, de bien maîtriser sa partition pour prétendre accéder aux reliques secrètes, disséminées à tous les coins de rues dans les règles de l'art. Encore, ce n'est rien par rapport aux boss, qui ne sont décidément pas là pour beurrer les croissants. Allez, j'ose le dire : pas mal d'autres journalistes ont buté un long moment contre Le Déchu, le premier boss, et ce n'était rien à côté de Jeanne d'Arc, pseudo-mascotte de cet épisode très français, qui a de quoi faire transpirer. Pour autant, tous les patterns restent clairs et fair-play. Une fois le boss assimilé, il est possible de le démembrer avec dextérité ; alors, le plaisir est total.
Cardcaptor Rose
Au centre de la proposition, les boss viennent également s'incarner dans notre inventaire sous la forme de sortilèges et de cartes de tarot, afin de nous tenir compagnie et de creuser un peu l'histoire. Chaque sortilège peut être amélioré en accomplissant certains objectifs spécifiques (par exemple, tuer cinq ennemis d'une seule croix boomerang). Il n'y a pas d'amélioration générique : tout dépend du sortilège concerné. Améliorer la croix augmente ses dégâts de loin ou permet de récupérer du mana, tandis qu'améliorer la gerbe de flammes va expulser les ennemis en l'air ou permettre de les embraser et de réinitialiser le débuff avec nos attaques de base. Puisque certains challenges sont plus portés sur l'exploration, voire sur des mécaniques à venir plus tard, la progression de notre inventaire devrait s'avérer plutôt élégante. Reste une légère surcouche RPG avec des niveaux et des points d'expérience qui se contente d'améliorer nos statistiques de base ; c'est bien moins intéressant et jouissif que d'aller chercher les trésors secrets qui, eux aussi, améliorent nos statistiques, et de manière plus claire. Il y aura aussi un système d'accessoires passifs à équiper, vous connaissez la musique.
Puisqu'on parle de musique, les quelques pistes écoutées dans le contexte de la preview sont entraînantes, sans pour autant tutoyer les classiques de la saga. Castlevania : Belmont's Curse a surtout réussi sa direction esthétique, dans un triangle entre vitraux de cathédrales, inspirations « manga » et touche personnelle d'Evil Empire. Qu'il s'agisse des cartes de tarot ou des portraits, les dessins sont magnifiques, tandis que les décors sont aussi particulièrement réussis, du cimetière aux feuilles dorées (qui évoque peut-être légèrement Elden Ring) aux panomaras de Paris en feu, avec Notre-Dame-de-Paris qui surplombe l'incendie. Que dire encore des boss, à l'échelle conséquente ? Malgré le déluge d'effets spéciaux, l'utilisation de nombreux aplats de couleur et de pigments caractéristiques pour les différents éléments préserve une réelle clarté dans l'action. On retrouve l'utilisation d'un code couleur dominant pour chaque zone, à la manière d'autres épisodes de la série. Bref, la franchise est entre de bonnes mains, et ce premier contact est tout-à-fait convainquant.
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