Mémoire cash - Quand Kill la Kill : IF a réécrit l'histoire de l'anime le plus culte des années 2010

Mémoire cash - Quand Kill la Kill : IF a réécrit l'histoire de l'anime le plus culte des années 2010

Quand Kill la Kill : IF a réécrit l'histoire de l'anime le plus culte des années 2010

Une histoire cousue de fil rouge

Depuis la fin de l'ère PS2 / DS, trouver une bonne adaptation d'anime sans budget démesuré s'avère difficile. Le marché des produits dérivés est bien morne. À part la saga des Naruto : Ultimate Ninja Storm ou Dragon Ball FighterZ, il n'y a plus vraiment de titre qui arrive à faire l'unanimité. Pourtant, ça n'empêche pas les studios de tenter une expérience, de temps en temps, en suivant une lumière qu'ils sont seuls à voir. C'est le cas de l'inexplicable Kill la Kill : IF, arrivé plusieurs années trop tard, mais pétri d'amour pour la série d'origine. Il a 7 ans aujourd'hui.

Dans le titre de sa critique d'époque, Pipomantis maintenant que « Kill la Kill : IF assure le (fan)service minimum ». Vraiment ? Pour moi, difficile d'abonder en son sens : si le gameplay n'est pas exceptionnel (et j'y reviendrai), le studio A Plus Japan (Bleach : Soul Resonance) s'est débrouillé pour offrir une histoire vraiment alternative où l'héritière Satsuki Kiryuin devient la protagoniste, reléguant Matoi Ryuko au rôle de sidekick et rivale. Une délicieuse inversion des rôles qui n'est pas qu'un argument de vente, mais qui débouche réellement sur une variante de la conclusion d'origine, avec de nouvelles transformations pour certains personnages et un boss final qui essaie de se montrer à la hauteur de la proposition. Et déjà, recevoir une adaptation d'anime qui se contente pas de relire paresseusement le matériau d'origine au fil de diapositives, ça réchauffe le cœur.

Kill la Kill : IF n'a jamais senti le sapin

Après, c'est vrai que le gameplay de Kill la Kill : IF n'est pas son meilleur argument, pour l'exprimer poliment. Il s'agit d'un énième « arena fighter » en trois dimensions - le style de prédilection pour les adaptations pas trop chères d'animes où ça s'envoie sur la gueule. Avec douze personnages seulement et une palette de coups limitée, ce n'est pas non plus le titre le plus généreux. Et pourtant, A Plus Japan a réfléchi à l'essentiel, c'est-à-dire assurer que chaque combattant soit réellement unique, avec une vibe bien à lui qui respecte aussi et surtout le feeling de la série. Ainsi, la cheffe de fanfare Nonon Jakuzure a bien son arsenal de missiles et d'ondes sonores tandis que le colosse Ira Gamagoori a une jauge de dégâts à remplir pour passer de la forme défensive à offensive et démolir son vis-à-vis. C'est déjà important quand on reçoit des copains : vaut mieux douze personnages qui ont du caractère que 150 personnages dont beaucoup de clones dans les grandes lignes (on te regarde, Dragon Ball Sparking Zero).

Je ne résiste pas à la tentation de reparler de Kill la Kill dans son intégralité, puisqu'il s'agit tout simplement d'une de mes séries animées préférées. Un vrai choc esthétique à quinze ans. Parce qu'il y a des filles en tenues quasiment nues ? Bon, sans doute un peu ! On va pas se parer d'une pudeur de gazelle. D'ailleurs, c'est difficile de convaincre des néophytes de s'attaquer à la série dans le contexte où il s'agit quand même de regarder des lycéennes en tenues questionnables se découper au katana. Pourtant, à condition de passer outre le premier réflexe de rejet, le cœur de l'œuvre reste exceptionnel : 26 épisodes d'animation de très haute volée, des gags partout, des retournements de situation, et une antagoniste haïssable à souhait en la personne de Ragyo Kiryuin, qui associe toutes les pires « qualités » possibles (génocide, autocratie, inceste...). Sans oublier une bande-son inoubliable du très très grand Hiroyuki Sawano (L'Attaque des Titans, Seven Deadly Sins...).

Dans Kill la Kill, le plus important, c'est l'âme de la série. C'est ça qui emmène irrésistiblement les spectateurs et spectatrices les plus réticents vers la conclusion épique avec des flammes dans le bide et les poils dressés sur les bras. Alors Kill la Kill : IF est loin d'avoir le même cœur, parce qu'il n'a pas le même budget et le même talent aux manettes, c'est acquis. Mais en termes d'adaptations, ça reste bien sympatoche. D'autant que la présence de l'impayable Mako Mankanshoku et sa dégaine de délinquant japonais des années 1950 est tellement réjouissante ! Parfois, pas besoin d'un chef d'œuvre pour avoir le sourire : un bon burger bien généreux, qui coule un peu et qui n'est pas très bien cuit, mais qui est plein de sauce, ça régale.

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