
En 2013, la Xbox One sort et, avec elle, Ryse : Sons of Rome, un jeu d'action graphiquement impeccable (peut-être même encore aujourd'hui) issu du studio Crytek. Ça valait ce que ça valait, mais les ambitions étaient surtout massives : ces dernières viennent tout juste d'être révélées via d'anciens membres de l'équipe de développement.
Lors de sa sortie pour accompagner le lancement (compliqué) de la Xbox One, Ryse : Son of Rome avait essentiellement misé sur une solide claque visuelle, après tout la grande marque de fabrique de Crytek. Le problème, c'est qu'une vitrine technique ne reste qu'une vitrine, et que la durée de vie extrêmement courte - seulement six heures de jeu - a vite refroidi les ardeurs et mis la franchise à mal.
Around the world
En réalité, d'anciens employés ont avoué que près des deux tiers du contenu initialement prévu ont dû être purement et simplement retirés pour s'assurer que le titre soit commercialisé le jour J. Des conditions de développement particulièrement intenses qui ont poussé à la concession : "Certains estimaient que nous venions à peine de poser les bases de cette propriété intellectuelle et que nous nous en éloignions déjà quelque peu", explique Yannick Boucher, l'une des têtes pensantes du projet, à à IGN.
En fait, Crytek faisait ici son premier jet avec l'intention d'emmener la franchise ailleurs, explorant d'autres époques et d'autres régions du globe avec un thème principal : "comment les empires naissent et s'effondrent, et pourquoi", explique Patrick Hanenberger, l'un des quatre concepteurs artistiques du jeu.
"J'étais super enthousiaste à l'idée de travailler sur un jeu de Vikings", explique à son tour Peter Gornstein, directeur artistique et réalisateur des cinématiques de Ryse. Boucher précise aussi que "sans surprise, beaucoup étaient très enthousiastes à l'idée d'aller au Japon." Forcément, il y a de quoi penser immédiatement à Assassin's Creed et même à Ghost of Tsushima (lui-même très inspiré d'AC), puisque le cadre de l'invasion mongole sur l'archipel a aussi été imaginé par Crytek. Il faut aussi savoir que si suites il y avait, alors les futurs Ryse devaient proposer un monde bien plus ouvert et permissif.
Levée de boucliers
"lls (Microsoft, ndlr.) nous ont dit que c'était « le projet de propriété intellectuelle le plus cohérent et le mieux pensé qu'ils aient jamais vu. » Tout semblait se dérouler à merveille", se remémore Hanenberger. Alors, qu'est-ce qui a cloché ? Déjà, ce premier épisode a tout simplement déçu et les ventes n'ont pas suivi. Aussi, le mauvais démarrage de la Xbox One, pour toutes les raisons que l'on lui connaît, n'a vraiment pas aidé.
Enfin, il y a eu une pure mésentente entre Crytek et Microsoft. Pour financer des suites, la firme de Redmond souhaitait acquérir les droits de la franchise Ryse auprès de Crytek, mais ce dernier a catégoriquement refusé et ne voulait pas travailler sur une licence appartenant à un tiers. Les employés interviewés par IGN affirment même que les suites n'ont pas été officiellement annulées : elles se sont tout simplement évaporées des discussions, chaque parti continuant de travailler dans son coin.
Ryse avait donc tout le potentiel pour devenir une des grandes et nouvelles franchises d'Xbox, explorant les époques historiques et venant titiller le principe même Assassin's Creed... mais a été abattu en première ligne. Un destin décevant, d'autant les développeurs avouent avoir vécu un crunch massif . "Le dernier mois, j'ai travaillé 30 jours d'affilée. On a poussé un soupir de soulagement (pour livrer le jeu à la sortie de la Xbox One, nldr), avant de se prendre un 60 sur Metacritic."