Après la fin du support physique, un futur sans consoles ? Le patron d'Amazon Gaming relance l'idée

Après la fin du support physique, un futur sans consoles ? Le patron d'Amazon Gaming relance l'idée

Après la fin du support physique, un futur sans consoles ? Le patron d'Amazon Gaming relance l'idée

Je voudrais que tu me consoooooles

Alors qu'Amazon prépare l'intégration directe de son service de cloud gaming Luna au sein de l'application Prime Video, le responsable de la branche jeu du géant américain, Jeff Gattis, a remis sur la table un vieux serpent de mer de l'industrie : la fin inéluctable des consoles physiques au profit du streaming. Un discours qui fait écho aux récentes déclarations de Sony sur la fin du support physique.

Outre la fin du physique chez PlayStation en 2028, Amazon s'appuie aussi sur un constat économique bien réel : l'augmentation continue du coût du matériel. Entre des consoles de salon dont les prix grimpent en cours de génération et des composants PC toujours plus onéreux, le ticket d'entrée pour jouer dans des conditions optimales n'a jamais été aussi élevé. C'est sur ce levier que Jeff Gattis entend s'appuyer pour convertir un public réticent, comme il l'a expliqué au micro de la BBC : « Il y a entre deux milliards et demi et trois milliards de personnes qui jouent dans le monde, mais seule une fraction d'entre elles possède du matériel dédié au jeu. À mesure que le matériel devient plus cher et que la technologie de streaming continue de s'améliorer, je pense que l'on verra naturellement plus de gens se demander s'ils ont vraiment besoin de cet appareil dédié. »

La réalité du marché : l'ombre de Stadia et la question de la possession

Malgré la force de frappe financière d'Amazon, le marché du cloud gaming peine toujours à convaincre le grand public au-delà des offres d'appoint. Le fantôme de la fermeture brutale de Google Stadia en 2023 rappelle que la gratuité de l'accès à un serveur ne suffit pas à bâtir un modèle pérenne si les joueurs doivent acheter leurs jeux au prix fort sans en posséder le support. Pour Joost van Dreunen, professeur à la Stern School of Business de l'université de New York, l'argument du coût des machines est fondé, mais la transition sera nettement plus lente que ce que prédisent les géants de la tech : « Pour la première fois dans l'histoire de cette industrie, les consoles deviennent plus chères vers la fin de leur cycle de vie. Les joueurs sont prêts à sacrifier un peu de fidélité pour de la commodité, mais pas à payer le prix fort pour quelque chose qu'ils ne possèdent pas et qui saccade quand le Wi-Fi flanche. Je suis sceptique quant au fait que cela pousse rapidement plus de joueurs vers le cloud à court terme, mais je prédis une adoption progressive d'alternatives. »

En dissimulant Luna au cœur de son application de streaming vidéo, Amazon espère toucher les utilisateurs occasionnels rebutés par l'achat d'une console dédiée. Il reste à voir si ce canal de distribution suffira à faire sauter les verrous culturels et techniques qui freinent le cloud gaming depuis plus d'une décennie. En parallèle, la prise de parole d'Amazon résonne directement avec les récents propos d'Yves Guillemot sur la fin annoncée du jeu physique. Interrogé sur l'abandon progressif des disques et les manœuvres de Sony, le PDG d'Ubisoft a estimé que la disparition des supports matériels « ne perturbera pas outre mesure l'industrie », le public étant déjà largement converti aux achats dématérialisés.

Cette convergence de vues entre éditeurs traditionnels et géants de la tech dessine une transition en deux temps. Avant de faire disparaître totalement la machine du salon comme le souhaite Amazon, l'industrie achève de normaliser la mort du disque. En rendant le joueur dépendant d'un catalogue 100 % numérique, les éditeurs ont eux-mêmes préparé le terrain : une fois la possession physique liquidée, faire sauter le dernier verrou matériel pour basculer vers les serveurs à distance ne devient plus qu'une simple étape logistique.

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